Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 06:15
Le premier livre





Ceci est mon premier bouquin. Alors soyez indulgeant.



Si vous souhaitez connaître cet escargot sauvage qu'est  Maligorn Gouez,




n'hésitez pas à lire son histoire.


C'est l'histoire de Maligorn Gouez,

un escargot sauvage vivant en Bretagne

du côté de Carhaix.





Par maligorn gouez - Publié dans : Maligorn Gouez - Communauté : Nouveaux écrivains bretons
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 06:16
aligorn ouez


 











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e vais ici vous raconter l'histoire de Maligorn Gouez, dit l'escargot sauvage.

Cette histoire ressemble de très près à une partie de mon histoire et elle est quasiment, pour ne pas dire complètement autobiographique. En effet, je retrace les passages les plus importants, de ma vie, si il en est.

Sachez qu'une partie de ce que vous allez lire est romancé, mais peut aussi être éventuellement véridique. Mais quoi qu'il en soit, je vous rappelle que tout ce que j'écris ici est absolument vrai, sauf peut-être, ce que j'invente !

Mouuuuaaarrffff !






ui je dis Mouuuuaaarrffff et non pas "LOL" ou "MDR" comme certains qui voudraient dire "Mort De Rire", oui ce fameux lol qui nous viens de "Lot Of Laughing, beaucoup de rires", comme disent les gens qui ne mangent pas d'escargot, lol, c'est bien pour ces gens qui utilisent les "SMS" et autres téléphones portables, il y en à même qui s'en servent dans "MSN", non mais, vous vous rendez compte! Et bien moi, Môssieur ! Je dis Mouuuuaaarrffff ! Cette belle onomatopée bien de chez nous !




Oui, je suis un Mouarfeur né!



Je ne suis pas un de ces Loleurs ou même Looleurs, comme diraient certains. A les écouter, on en serait à lâcher à chaque fois que quelque chose nous amuse, un petit LOL ou un petit MDR.

Et bien moi, quand je trouve ça drôle, je me mare. Je fais éventuellement des gros Ha ! Ha ! Ha ! ou quelques fois un vieux Mouuuuaaarrffff !

Mais en aucun cas je ne fais partie de ce gens qui vous lâchent des lols ou des MDR à tout va!
Et je crois que je n'en ferais jamais partie. Un Mouuuuaaarrffff est un Mouuuuaaarrffff et quoi qu'on y fasse, il restera un :

Mouuuuaaarrffff !







Par maligorn gouez - Publié dans : Maligorn Gouez - Communauté : Nouveaux écrivains bretons
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 06:17
 
ais revenons si vous le voulez bien, à Maligorn Gouez, qui pourrait être le surnom donné à un petit bonhomme de mon genre.


Je pense que cela est dû au fait que j'aime dame nature, j'aime aussi la solitude et ce quel que soit le temps, j'ai envie de me promener dehors et de profiter de la vie.

Je ne peux pas m'empêcher de sortir, un peu comme un escargot qui, quand la nature l'appelle, ne se pose pas de questions et va faire un tour dehors.

Je sors, quel que soit le temps, j'aime me promener seul, on dit que je suis un peu sauvage.

C'est peut être pour cela qu'on a fini par me nommer l'escargot sauvage.

Je vis maintenant dans une région où les gens ne parlent pas tous comme nous. Ils ont leur langue, pour expliquer ce que je suis. Je crois qu'ils diraient c'est un "Maligorn Gouez". Traduisez, c'est un escargot sauvage.

Et oui, j'ai toujours aimé sortir, être dans la rue, dans les champs, dans les forêts ou au bord de l'eau.

Bref, être dehors, être dans la nature.

Il y a peu de temps que je suis arrivé dans cette belle région verdoyante et remplie de vieilles pierres ayant chacune son histoire.
Sans parler des légendes qui se greffent autour et de toute cette partie magique que nous content les anciens en prenant bien soin de garder les plus grands secrets, tout en dévoilant juste ce qu'il faut pour attiser notre curiosité.

Alors je ne cesse de visiter en long, en large et en travers. Je vais un peu partout en espérant découvrir quelques mystères, essayer de mieux comprendre certains contes, dans lesquels on retrouve ces lieux inattendus et insolites. Découvrir des gens intéressants, en espérant toujours que les uns et les autres seront captivants, et me donneront encore plus l'envie de les découvrir.

Et c'est en me promenant dans le coin que j'arrive à un moment dans un petit village, qui se trouve au milieu de nulle part.


Vous savez, ces petits villages typiques de la région. Peut-être h aut lieu druidique datant de 2500 ans, qui sait ?



Au croisement de deux anciennes voies romaines certainement classées monument historique.

La grande place est le cour de ce village. Autour de l'église, le superbe alignement des maisons aux façades de granit compose un ensemble architectural unique. Ces demeures témoignent de la richesse des notables et des marchands qui les firent édifier autrefois.



Une magnifique église toute en pierres grises, datant de plusieurs siècles, avec son architecture romane, elle a du être construite au cours du Moyen âge. On peut y voir la technique romaine antique de la voûte en pierre, de plein cintre.
Les colonnes qui supportent les arcs sont cylindriques et surmontées de chapiteaux sculptés avec des représentations d'animaux ,de plantes ou encore de symboles plus ou moins géométriques. Cette église procure au visiteur le sentiment d'une certaine massivité qui évoque plus l'ombre, la pénombre, que la lumière. Je ne regrette pas ma visite, ne serait-ce que pour avoir vu sa chaire, ses retables et ses vitraux.



Le cimetière est accolé à l'église, il est divisé par des allées de tombes plus ou moins vielles, pauvre ou luxueuses. Chacune de ces allées appartiennent à des familles entières, qui y ont installées une tombe ou un caveau. Ce cimetière donne l'impression de reproduire le village avec ses quartiers riches et ses

quartiers pauvres. Certaines familles ici, dépensent des sommes considérables pour construire des tombes en forme de maisons, pour certaines, construites avec plus de soins que les vraies.
Un peu plus loin, une petite chapelle. Cette chapelle, renferme le tombeau d'un saint qui y est représenté couché sur une dalle de pierre soutenue par 6 anges porteurs de blasons. Le gisant du saint bénit de la main droite et enfonce de la main gauche sa crosse dans la gueule d'un monstre.



Il faut dire que chez nous, chaque hameau possède sa chapelle, désormais entretenues par les paroissiens. Chaque année, lors de la fête patronale, un pardon y est célébré. Il s'agit d'une messe, avec procession de la bannière et de la statue du saint vénéré. Une fête populaire se déroule ensuite, ce qui permet l'entretien du lieu.



Cette vieille église romane est tournée vers l'est, avec sur le toit, son magnifique coq tourné lui aussi vers le soleil levant. Elle est au centre du village, comme pour rassurer et abriter les villageois, sur une petite place où il y a encore un de ces vieux lavoirs. Un lavoir où la façade est en pierre aussi, avec sa croix dressée, juste au bout du pignon du lavoir, comme pour protéger les lavandières et autres buandières. Un lavoir avec quelques marches à descendre pour arriver au bassin public alimenté en eau détournée d'une source ou d'un cours d'eau. Ce lavoir est couvert et les lavandières viennent rincer le linge après l'avoir lavé, en général chez elles. Le passage au lavoir est la dernière étape avant le séchage. Comme le lavage ne consomme que quelques seaux d'eau, il peut avoir lieu à la maison, mais le rinçage nécessite de grandes quantités d'eau claire, c'est pourquoi elles viennent encore au lavoir. Mais il faut dire que c'est de plus en plus rare. Le bord du lavoir comporte une pierre inclinée.

La lavandière, à genoux, jette le linge dans l'eau, le tord en le pliant plusieurs fois, et le bat avec un battoir en bois afin de l'essorer le plus possible. Une solide barre de bois horizontale permet de stocker le linge essoré avant le retour en brouette vers le lieu de séchage.
Ce lavoir là était équipé d'une cheminée pour produire la cendre nécessaire au blanchiment autre fois. Mais je crains que l'utilisation de ce lavoir ne soit progressivement abandonné.



Il y a aussi sur cette place, le puits communal tout en granit, qui était autrefois la seule source d'eau. il y a aussi une fontaine magnifique, d'où jaillit un superbe jet de l'eau, qui retombe dans un bassin, le tout alimenté par une source. Elle a été installée ici comme beaucoup de fontaines pour limiter le risque de choléra ou de maladies, qui aurait pu être véhiculé par les puits risquant d'être contaminés par les excréments et eaux usées. A moins qu'elle n'ait eu que le rôle d'abreuvoir.

Sur cette place existent encore quelques commerces.

Il y a la boulangerie, où l'on trouve ces bonnes miches de pain de campagne recouvertes de farine et si croustillantes,
faites avec amour par l'artisan boulanger et vendues avec le sourire par son épouse. Mais aussi tout ces anciens bonbons que, petit, j'achetais au détail et qui en les voyant, ravivent des milliers de souvenirs.

Il y a la librairie, une vieille librairie datant du début du XIXème siècle. Le libraire était également éditeur, achetant les manuscrits aux auteurs, les faisant imprimer et les vendant dans sa boutique. C'est plus tard qu'est arrivée la séparation entre l'édition et la librairie telle qu'on la connaît aujourd'hui. Cette librairie vend donc aujourd'hui comme les autres des magazines, mais elle continue à vendre des livres anciens et des livres d'occasion. Ce qui permet à ce lieu, d'avoir une odeur toute particulière de vieux bouquins. Cette odeur donne une âme à la boutique. Quand on entre dedans, bien souvent, on se surprend fouiner et à chiner au beau milieu des vieux livres, on se met à rêver en voyant ces vieilles reliures et ces couvertures en cuir, datant d'une autre époque.


Il y a la boucherie qui pour survivre s'est modernisée et fait aussi charcuterie et traiteur.

Mais ce qui est surprenant, c'est que juste à côté, il y a cette vieille boucherie qui est fermée, et qui maintenant est un musée, où on n'entre pas. On peut regarder par la vitrine de l'ancienne étal, des mannequins de bouchers en train de travailler à l'ancienne avec leurs outils d'époque.



Il y a la pharmacie ancienne, on peut y trouver tout les médicaments vendus dans les autre pharmacie bien sûr, mais ce qui est fascinant, c'est cette devanture toute en bois peint en vert foncé, avec des moulures de bois autour des portes et des fenêtres.

Le mot pharmacie est peint en jaune à la main par un véritable artiste peintre. A l'intérieur, il y à des bocaux en verre contenant des plantes.


Il y a aussi de superbes pots en porcelaine blanche, qui ont été décorés par des dessins peint en bleu et jaune, avec le nom de chaque plante qu'il contiennent. En décorations, on peut voir toutes sortes de fioles et autres cornues accrochées au murs. Quand je suis entré dans cette officine, j'ai demandé s'ils avaient ces petites branches de réglisse marron de vingt centimètres environ, que je mâchouillais quand j'étais enfant. La vieille pharmacienne qui étais dans sa blouse blanche, m'a fait un sourire, a saisi une boite en fer, après quelques difficultés l'a ouverte et m'a dit qu'elle m'offrait ces trois branches, que c'étaient les dernières qui lui restaient dans cette vieille boîte hermétiquement fermée depuis maintenant plus de trois ans. J'étais tout content de retrouver les saveurs de ces branches qui, petit, me jaunissaient la bouche et les dents et qui me faisaient cracher ces espèces de boules de fibres jaunes après les avoir mâchées des heures.


Sur la place il y a aussi une boutique bien particulière, celle du sculpteur sur bois.

Devant sa vieille maison en granit, deux tréteaux, une planche recouverte d'un linge blanc et sur cette étal de fortune, plein de magnifiques sculptures sur bois. Des dizaines et des dizaines d'heures de travail, exposées là sur sa table, ça va des bustes de vieux fumants la pipe en passant par des têtes de vielles femmes bretonnes, avec des coiffes différentes et certaines aussi avec leur pipe. Sans compter les têtes d'animaux de nos forets comme le cerf ou le sanglier. Le tout parmi les outils qui lui servent à réaliser ses ouvres. J'y connais pas grand chose, mais j'ai vu sur sa table quelques outils comme le maillet tout en charme, les ciseaux plats qui permettent de parfaire le surfaçage, les gouges méplates qui évitent de retirer trop de matière à la fois lorsque l'on est proche du niveau final d'évidage, les gouges coudées qui permettent de travailler dans les zones concaves, les burins droits qui servent à dessiner, à graver,
à former certains motifs comme ces magnifiques grains d'épis de blé par exemple, Les rifloirs qui sont de petites râpes qui permettent de finir certaines formes ou de donner un rendu particulier à certains détails minutieux. Enfin bref, il y a tout un tas de questions qui vous viennent d'un coup, aussi bien en voyant les outils tous plus ou moins bizarres les uns que les autres, qu'en voyant la beauté évidente des pièces sculptées. Et c'est sans compter la dextérité de l'artiste qui me fascine.

Il y a aussi sur cette place quelques cafés et l'envie d'aller boire une petite bière commence à se faire sentir, quand ce qui à attiré mon regard, c'est cette vieille taverne Irlandaise.

Vu de l'extérieur, on pourrait penser qu'il s'agit de la maison de particulier. Mais au dessus de la porte il y a cette pancarte qui doit avoir au moins cinquante ans, où il est écrit "La Taverne - Pub Irlandais".


J'hésite un peu et je regarde à deux fois cette masure qui est loin de ressembler à ces grandes brasseries parisiennes.

Une bonne grosse maison tout en granit gris, presque noir, avec ces énormes blocs de pierres qui font le tour des portes, bien arrondis. Le toit en ardoise, de vieux volets en bois peint en marron, des fenêtres avec des petits carreaux de couleur à dominance jaune, rouge et orangé, un peu comme ces vitraux qu'on voit dans les églises, où entre chaque morceaux de couleur, il y a un peu de plomb. La porte d'entrée, toute en bois massif bien épais, avec au centre un rappel de ces fameux petits carreaux, toujours jaunes oranges et rouges.

Je regarde encore quelques instants cette magnifique taverne d'un autre temps.

Puis je me décide, je pousse la porte.


Une fois à l'intérieur je suis assez surpris par l'ambiance, après avoir descendu les deux petites marches qui se trouvent juste derrière la porte d'entrée, je regarde au sol, je m'attendais à voir comme dans beaucoup de vieux cafés des alentours, des carreaux de terre rouge en forme d'hexagone, ici ce n'est pas le cas et je suis assez surpris, je viens de me rendre compte que le sol est en terre battue. Il fait très sombre, voir presque nuit. On se voit à peine. Les mur sont en pierres apparentes, ces pierres de granit noir qu'il y à un peu partout dans la région et qui assombrissent encore un peu plus l'endroit. Au plafond, toute la charpente est apparente, il y a des énormes poutres de chêne qui avec l'âge, sont devenues complètement noires elles aussi. Il y a bien deux lanternes suspendues par une corde au dessus du bar. Elles ressemblent à des lampes à pétrole qu'utilisaient les gens pour sortir les jours de tempête, ou pour se déplacer de nuit de village en village.


C'est vraiment juste comme éclairage pour le bar, d'autant que ce sont deux petites ampoules qui se trouvent à l'intérieur de chaque lanterne, ce qui éclairent à peine.

Puis je me dis que pour boire une bière ou deux, j'ai pas forcement besoin de projecteurs.

Je lance un chaleureux bonjour à l'assistance, qui se compose du patron de la taverne, qui hoche la tête en regardant dans ma direction et me dit : « salut ! » sinon, il y a aussi deux personnes, pour ne pas dire deux autres personnages, chacun d'eux est assis, l'un à gauche, tandis que l'autre est assis à droite de l'énorme bar en bois brut, bien épais et complètement noirci lui aussi par le temps. Il reste entre les deux clients, comme pour les séparer, un de ces grands tabourets de bars anciens en bois noir, bien lourd. Je me mets donc sur ce joli tabouret rustique au milieu du bar et je commande une bière.


Le patron est un grand gaillard avec de longs cheveux roux, qu'il a soigneusement attachés avec un élastique, ce qui fait qu'il à une queue de cheval qui lui arrive au milieu du dos, Il a également une belle barbe bien fournie et toute frisée.

Il pose ma bière sur le bar, et retourne essuyer ses tasses à café en silence à l'autre bout du pub.

Il n'y a pas un bruit, je ne dis rien et je me dis que peut-être l'un des deux autres clients va entamer la conversation. Mais les deux autres ne disent pas un mot non plus. Juste un échange du regard de temps en temps.

A ma gauche un grand bonhomme, bien baraqué avec un regard noir, des yeux noirs et une barbe noire. Elle aussi est bien fournie, mais toute raide. Il porte une sorte de casquette de marin. Un peu comme celle que porte le capitaine Haddock dans Tintin.


Je ne veux pas l'agresser du regard, alors je me tourne vers l'autre personne.

A ma droite, un petit freluquet tout chauve, mais lui avec une belle barbe blonde qui ondule, un peu comme celle des rois sur les jeux de cartes. Sa pipe est posée dans un grand cendrier qui se trouve sur le bar. Il boit tranquillement sa bière en regardant dans le vague vers le mur qui est devant lui derrière le bar, mais que ce soit les uns ou les autres personne ne parle.

Une odeur de pipe vient me chatouiller les narines, ce doit être celle que j'ai vu dans le cendrier. En effet, l'homme vient de la rallumer. Ça sent un peu le miel et ce n'est pas désagréable.
Le temps s'écoule doucement, le silence est si présent, que j'entends bien distinctement, le tic et le tac d'une vielle horloge qui doit se trouver dans la cuisine voisine, qui en apparence est la pièce qui est là, juste à coté du bar, où je vois cette porte ouverte sans pour autant voir à l'intérieur.

Puis d'un coup, comme pour rompre le silence qui est presque pesant, les cloches de l'église voisine se mettent à sonner. à ce moment là, d'un seul coup, comme s'il avait prit un coup de courant, le client de gauche, d'un bond descend de son tabouret, siffle sa bière d'un trait, puis il lance quelques pièces de monnaie sur le bar, se dirige vers la porte en levant un bras comme pour faire signe au revoir de loin, il ne regarde personne, et va directement vers la porte d'un pas pressé. Comme si maintenant il était en retard.

Le patron lui dit :

« salut le Bulot à demain! »
Il avait un accent d'outre manche à couper au couteau, à mon avis, c'est lui qui a fondé la taverne Irlandaise.

L'autre client lève le bras et hoche la tête en avant en levant le menton, comme pour le saluer, et en desserrant à peine les dents, décroche un :

« Bulot ! »

Ce qui devait suffire pour se dire au revoir entre habitués de cette taverne.

Taverne où je viens de comprendre que le surnom du client de gauche, n'est pas Haddock mais "Le Bulot" comme le fameux crustacé. Ça a peu être un rapport aussi avec sa tenue. Mais ça, je n'en sais rien.

Puis le petit freluquet fait des signes au patron avec ses doigts, comme pour lui dire de reverser à boire. A ce moment le patron lui ressert une bière, puis viens vers moi, me ressert également et me dit :
« c'est de la part de Bigorno », en me montrant le seul client restant dans le pub.

Et bien maintenant je connais aussi le surnom du deuxième client, je ne sais pas non plus pourquoi ce surnom, mai bon!



Je lève donc mon verre en regardant "Bigorno", je lui dis : « santé ! »

Il me répond aussitôt : « à la tienne ! ».

A ce moment, j'ai bien compris que Bigorno qui ne disait pas un mot quand Bulot était là, avait maintenant envie de discuter.

Bigorno : « Tu viens d'où? »

Moi : « De Carhaix. »
Bigorno : « Ho ! toi, t'es pas d'Carhaix. »

Moi : « Si mais ça fait pas longtemps, j'y suis depuis trois ans. »

Bigorno : « Ha ! Et t'étais où avant ? »

Moi : « J'étais à Paris. »

Là, je vois le visage de Bigorno s'ouvrir et presque s'éclairer et Bigorno mon nouveau copain me dit :

« J'ai moi aussi vécu sur Paris, j'ai même été élevé là-bas et si ça t'ennuie pas, je vais te raconter un peu ma vie. »

Moi : « vas-y »

En me disant que ça fait du bien de rompre un peu ce silence qui planait juste avant et puis j'ai le temps et c'est toujours plaisant de ne pas boire seul.


Bigorno :

« C 'est marrant, quand je vivais en région parisienne, alors que j'étais enfant, ma mère disait toujours en parlant de moi "c'est un vrai sirop de la rue".

Mais qu'est-ce qu'on est bien quand on flâne dans les rues de Paname à seize ans, le nez au vent au printemps en plein soleil, à se moquer des gens qui se baladent sur les trottoirs, à regarder passer les jolies filles et les autres aussi, mais surtout à regarder les femmes qui à cette époque de l'année sont toutes très belles.

Ha, la rue, cette rue qui vous paraît si dangereuse quand on est parent, cette rue qui vous fait peur, non seulement à cause du nombre considérable de véhicules qui y circulent. Elle qui vous amène son lot d'angoisses et aussi de peurs de l'étrange et de l'inconnu.


Pourtant, c'est dans cette même rue que ma grand-mère, qui n'était plus très jeune, courrait derrière la selle de mon vélo, alors qu'on venait juste de retirer les petites roues, ce qui me faisait d'un coup penser que j'étais devenu un grand. Tellement grand, que j'avais enfin le droit d'aller seul chercher le pain.

Bien sûr à cette confiance donnée par la grand mère, j'avais aussi le droit au :

"fait vite, sois prudent, perds pas tes sous et fais attention en traversant".

Mais quel bonheur de pouvoir se sentir libre, sans personne avec soi, même si la première fois que je suis allé chercher le pain, je ne crânais pas trop.

Puis on prend de l'assurance, ont fait un peu moins attention, et c'est à se moment là, que le petit Bigorno des rues que j'étais à perdu la monnaie du pain.
Ce fut le drame, j'ai eu l'impression que la grand mère était ruinée. Mais en fait, ce qui m'a le plus fait mal, c'était de ne plus avoir le droit d'aller seul au pain pendant une éternité. Au moins deux jours.

Puis les vacances chez les grand-parents se terminent, je rentre dans ma belle ville, au cour de ma cité, c'était une cité de trois petits immeubles de quatre étages et de trois tours de huit étages.

C'est dans ces tours qu'on allait jouer avec mes copains dès qu'on pouvait, dans les ascenseurs, c'était marrant de monter, descendre, monter jusqu'à ce qu'un des habitants de la tour se mette à nous aboyer dessus.

Là, ça filait ! on fonçait dehors et on retournait vite fait devant chez nous.

C'était une petite cité par rapport aux grands ensembles qui poussaient un peu partout dans la ville à l'époque.
Mais je l'aimais cet immeuble, qui me paraissait immense, quand avec les copains on était au pied du bâtiment et qu'on regardait vers le haut. »

Imprégné de l'ambiance de ce Pub, je ne dis rien, j'écoute attentivement Bigorno qui me raconte sa vie, alors que j'ai rien demandé.

C'est ce même personnage qui quelques temps avant était au bar sans décrocher un mot. Mais c'est si agréable de l'écouter raconter son enfance, en ayant vraiment l'impression qu'il est en train de la revivre.

« Cette rue que j'adorais et que j'aime encore, c'est vrai, quand on est gosse, quoi de plus marrant que de jouer à cache-cache entre les voitures, d'aller jouer avec tes potes au ballon sur le parking ou sur le trottoir, de jouer à chat et d'attendre entre deux voitures que ton copain s'apprête à te toucher, tu attends juste le moment ou il arrive pour traverser vite fait pour ne pas être le chat.
Le seul truc auquel tu n'a pas le droit quand t'es gamin et dans la rue, c'est de te faire choper par tes parents pendant que tu fais le pitre entre les voitures.

A tel point qu'à l'époque je pensais que le danger venait des parents, mais certainement pas des voitures. Quels moments merveilleux cette vie de gamin inconscient du danger. Le Bigorno que j'étais n'avait pas beaucoup plus la notion des risques, que celle de la ponctualité. »

Bigorno bois une bonne gorgée de bière, puis se tait pendant un bon moment, je le regarde et ne dis rien, je bois à mon tour une gorgée, repose ma chope et là mon nouvel ami se met de nouveau à me raconter sa vie.

« En face de mon école primaire, j'avais la chance d'avoir un verger, que je pouvais traverser pour rentrer à la maison, mes parents étaient rassurés car pendant ce temps, je ne traînais pas dans la rue.
Mais comme tout les enfants du coin qui comme moi ont six ans, je m'intéresse à tout ce qui se passe dans ce verger, les fruits sont magnifiques. Ha! que c'est tentant de regarder ces pommes et surtout ces belles poires.

Si j'en crois mon copain Gilles, en plus elles sont super sucrées. Mais comment pouvait-il le savoir qu'elles étaient très sucrées, les poires, puisqu'on à pas le droit d'y toucher ?

Mais le lendemain, Gilles n'est pas venu à l'école. Il avait été malade en mangeant trop de fruits.



Donc au retour de l'école, le lendemain j'étais seul et là, j'ai moi aussi su que les poires étaient effectivement bonnes et très sucrées.

Pour ce qui est de croquer la pomme j'ai attendu un peu. Oui à six ans, certains adultes disent qu'il ne faut en aucun cas croquer la pomme, que c'est mal.
Alors vaillant, mais pas téméraire, je me contentais des succulentes poires de ce magnifique verger.

Dans lequel on grimpait aux arbres, on attrapait des sauterelles, des grosses vertes, celles qui ont une queue en forme de sabre. On jouait avec les orvets, on aimait faire peur aux filles, qui elles aussi traversaient le verger.



Mais je ne saurais jamais, si elles passaient par là pour nous voir, nous et nos orvets, pour croquer la pomme ou la poire, ou si c'était tout simplement parce que c'est le chemin le plus court pour rentrer à la maison.

La maison où bien sûr m'attendaient mes parents, morts d'inquiétude, la nuit commençait à tombée, il était presque dix neuf heures, je rentrais seulement en quittant à seize heure trente et en prenant le raccourci. Le comble est que ce soir là, j'avais oublié mon cartable dans le verger. »
Une autre gorgée, il essuie un peu la mousse de bière qui est dans sa jolie barbe.

Ses yeux se mettent à briller levés au ciel, il est en train de se remémorer plein de choses et on voit que ça lui fait du bien, je me tais toujours, alors Bigorno reprend de plus belle.



« Autant te dire que les jours qui on suivi, je suis rentré directement, sans traîner et je suis passé par la rue. J'avais oublié mon cartable, mais c'est vrai que j'étais très distrait.

A cette même époque, ma mère me dis de sortir la poubelle en partant à l'école, alors que mon fameux copain Gilles vient me chercher. Je pense à prendre mon cartable et la poubelle, puis nous partons à l'école, en chemin on chahute comme d'habitude, Gilles me dit qu'il reste quelques poires dans le verger, que c'est la fin de la saison et que nous sommes un peu en avance,
alors nous sommes partis pour cueillir quelques poires avant d'aller en classe, et évidemment à force de jouer, on se rend compte que nous allons être en retard, alors on court, et on arrive juste à l'heure en classe.

Mais c'est à ce moment précis, que je me suis senti ridicule, quand mes copains de classe m'ont fait remarquer que j'avais toujours ma poubelle dans sont joli sac bleu à la main.

Autant te dire que depuis ce jour j'évitais le verger, et que chaque fois que je pouvais, je rentrais par la rue.»

Je bois à mon tour un peu de bière, mais cette fois Bigorno emporté par son récit ne s'arrête pas.

« Cette rue que j'aimais tant, ce besoin que j'avais et que j'ai toujours d'être à l'extérieur. En fait ce que j'aime, en ville ou en campagne, c'est être dehors.
Je me souviens de ce grand parc qui se trouvait non loin de chez nous.

Ce parc immense que je traversais pour me rendre à mon club de judo. Oui ! étant petit, je faisais du judo. Ce parc gigantesque, tellement grand, que ça t'ennuie de faire le tour pour entrer par une des portes, c'est un si grand détour, que je préférais escalader la grille de ce parc, qui était juste derrière la cité jaune où je devais passer pour aller chercher Philippe, un camarade du club.

Mes parents auraient certainement bien aimés, ce jour là, que je n'escalade pas cette grille. En effet, je vais donc chercher mon copain Phil, qui me dit qu'il y a un trou en bas du grillage du parc non loin de chez lui, ce qui nous éviterait de passer par les portes ou d'escalader la grille. On pouvait gagner du temps sans se fatiguer, alors pourquoi s'en priver.


Il me montre le trou, un trou au ras du sol où le grillage était relevé, si on rampe, on peut passer. Je me couche sur le dos devant le trou, les pieds en avant vers le parc et je me fais glisser en m'accrochant au grillage, je tire sur mes bras pour y pénétrer, j'avais à l'époque un maxi-manteau, ce qui était à la mode, mes parent avaient cassés leur tirelire pour me payer ce joli manteau. Je tire encore un peu sur mes bras, ça y est, j'y suis, me voilà dans le parc, mon copain après moi fait de même. C'était le soir, l'hiver approchait, il faisait presque nuit, alors si on pouvait gagner un peu de temps, pourquoi se gêner.

Mais çà, c'était sans compter la grosse merde de chien qui était devant le trou du grillage et que je n'avais pas vu, juste avant de l'essuyer avec le dos de mon manteau.

Dans les vestiaires, mes camarades de club ce jour là, ne m'ont pas beaucoup adressé la parole. J'ai dit à mon copain qu'au retour j'enjamberait la grille. Ce que nous avons fait.


Mais comble de bonheur, je me suis accroché le manteau dans la grille et quand je suis retombé de l'autre coté, mon manteau était en loque.

J'ai dis à mes parent que mon manteau avait disparu au club de judo.

Ce qui m'a valu une belle punition. »

Les cloches de l'église sonnent à nouveau. Une heure vient de passer et j'ai l'impression d'être ici depuis à peine quelques minutes. Nos verres sont vides, j'appelle le patron et je commande deux autres bières. Une pour mon nouvel ami et une pour moi-même.

Je tends mon verre et lui dit :

« à la tienne ! »

Il trinque et me répond :
« Yec'hed mat ! ce qui veut dire à la tienne en Breton »

Nous buvons et il reprend son récit de plus belle.

« Que de souvenirs de plein air dans ce parc.
Je me souviens d’un vieux cèdre du Liban, qui à mon avis, s’il avait eu des jambes, les aurait pris à son cou en nous voyant arriver. Ce pauvre cèdre avait l’écorce du bas du tronc toute arrachée à la hauteur des enfants que nous étions. La chair de cet arbre est molle et tous les enfants en passant devant celui-ci, venaient le boxer. Le pauvre, lui qui a vu passer des générations d’enfants, il faut dire que cet arbre était juste devant le chemin qui mène au bâtiment où venait se réunir pour les grandes fêtes, toute les écoles de la ville. Et une quinzaine d’écoles primaires qui passent devant ce pauvre cèdre tout les jeudis à l’époque et ensuite tout les mercredis, où à chaque passage, tout les garçons viennent mettre quelques coups de poings en se croyants très forts.
Je ne sais pas si cet arbre magnifique est toujours en vie aujourd'hui, mais j'espère qu'il nous pardonnera notre méchanceté.

C'est dans ce fameux bâtiment qu'on regardait les films quand il pleuvait et devant celui-ci, quand il faisait beau, que nous prenions notre orangeade, verre de menthe ou grenadine, suivant les mercredis.

C'est toujours dans ce parc qu'on jouait à la chandelle, mais aussi au ballon.

Lorsque j'avais sept ans, un mercredi comme un autre, il faisait super beau, on était au parc, regroupés par école. On demande au mono si on peut jouer au ballon, il nous dit que oui, mais juste devant le bâtiment des toilettes, comme ça il nous verrait et peut continuer à jouer à la chandelle avec les filles.
Donc avec mes copains on va jouer au ballon.

Mais mon pote Denis tire en l'air et le ballon est allé se percher sur le toit des toilettes, alors, avant qu'un des moniteurs ne le voit et nous interdise d'aller le décrocher, comme j'avais sept ans et qu'à cet âge là, on est les plus forts du monde et surtout les plus malins, j'ai escaladé la gouttière, pour aller sur le toit chercher le ballon, mais ce qui devait arriver arriva, j'ai glissé, je suis tombé.

Je me suis retrouvé à l'hôpital, où mes parents sont venu me chercher, j'avais trois belles fractures au bras et un joli plâtre.

C'était le bras droit, moi qui suis droitier, à ce moment là, je me suis dis que je n'irais certainement pas à l'école.

Mais mes parents eux, se sont dit que j'allais apprendre à écrire de la main gauche. »
Je lève mon verre en regardant Bigorno

« à la tienne ! »

Bigorno lève son verre dans ma direction, boit un coup, repose son verre.

Le tout sans dire un mot, puis continue à raconter.

« Ha! l'école, avec sa cour bordée de platanes, où on jouait à lancer les petites graines en forme d'hélice qui retombaient en tourbillonnants, parfois on arrivait à grimper aux arbres et à aller chercher le fruit du platane, cette espèce de boule de poils qu'on dépiautait pour s'en servir comme poil à gratter. Ces platanes si odorants, qui dès les premiers jours du printemps sentaient si bon jusqu'au fin fond de la classe.

Oui j'étais plus souvent au fond de la classe. »
Là un joli sourire s'affiche sur le visage de Bigorno, son visage s'illumine et son oil vif se met à briller, un peu comme si il était fier d'avoir toujours été au fond de la classe.

« C'est dans cette même école qu'avec nos jolies blouses grises, nous allions avec l'instituteur nous occuper de la météo, j'adorais çà !

Non pas que je comprenais mieux que les autres, mais surtout parce qu'on passait notre temps, pendant toute l'heure de cours, dehors à chercher de quel côté vient le vent, et à observer le ciel. Le plus difficile était de savoir de quelle sorte de nuage il s'agit, s'il amène la pluie.

Pendant ce temps on était quelques uns à se dire, ho ! regardes celui-ci, on dirait un bateau ! et un autre qui répond, et celui-là ! on dirait un bonhomme !
Mais à aucun moment il nous serait venu l 'idée de dire ho ! regardez! un Strato-Cumulo-Nimbus!

En fait la seule raison que nous avions d'être bien pendant ces cours, c'était d'être à l'air libre. »

Hé ! hop ! un petite gorgée de bière pour Bigorno, que j'imite aussitôt, et il reprend.

« Ce même air libre que je retrouvais chaque années quand l'année scolaire était finie. D'une part parce qu'il n'y avait plus d'école, du moins pendant deux mois, et d'autre part parce que j'allais retrouver mes copains de colonie de vacances. »

Sourire de Bigorno !

« Les jolies colonies de vacances, merci maman, merci papa.
Non ce n'est pas une boutade, j'adorais les colos pour plusieurs raisons.

La première, c'est ce sentiment de liberté dû au fait que d'un seul coup, vos parents ne sont plus derrière votre dos pour vous surveiller, sachant que ça ne dure qu'un mois et qu'ensuite, après s'être lâchés un peu, on va rentrer bien sagement au bercail et de nouveau se faire chouchouter.

Une autre raison, c'est que d'année en année on retrouve les mêmes copains et copines, et ça c'est un bonheur, de savoir avant de partir qu'on ne sera pas le petit nouveau et d'avoir plein de choses à raconter sur ce qui s'est passé durant ces long mois sans se voir.

Pour moi aller en colo a toujours été un plaisir.
Que ce soit dans l'Yonne les premières années, où nous avons appris à nous connaître les uns et les autres, puis appris à mieux appréhender la nature tout en la respectant.

Quoi de plus beau quand on a six ans, que de se promener sur une ancienne voie romaine, en écoutant les grillons, de regarder les petites sauterelles grises et marrons sachant que si on a soif, pas de problème, on a la gourde a la ceinture, le goûté est dans le sac, on marche vers la rivière où nous allons bientôt nous baigner, je vais pouvoir épater certaines des filles qui sont là, en leurs montrant que sais déjà nager et que j'ai même pas peur des herbiers qui me caressent les pieds et les jambes.
Alors qu'au fond de moi, je déteste cette sensation, et je me dis que peut-être ces saloperies d'algues vont me choper et m'emmener vers le fond.

Mais ça, les filles, elles ne le sauront jamais. »

Je buvais ses paroles, à l 'écouter, j'avais l'impression que j'avais été dans la même colo que Bigorno et au même moment que lui, que nous nous racontons nos souvenirs communs. Un peu comme quand on retrouve un vieux copain de régiment.

« Le seul vrai moment de solitude que j'ai eu cette année là, c'est quand en sortant de la rivière, en allant chercher ma serviette sur l'herbe verdoyante, j'ai cassé un peu le mythe du beau mâle en me retrouvant les deux pieds nus, dans une magnifique bouse de vache bien chaude, qui venait d'être lâchée par un splendide pachyderme qui venait comme chaque jour boire à la rivière.
Mais je ne peux pas, même encore aujourd'hui en vouloir à cet animal, qui aurait pu se mettre très en colère de voir que je me baigne à l'endroit même où il se désaltère. »

On se met tout les deux à boire une bonne rasade de notre fabuleuse bière rousse et d'un élan commun, on finit notre verre. Le patron s'avance et nous dit :

« C'est la mienne » alors nous trinquons tous les trois,

Bigorno :« Yec'hed mat ! »,

le patron « Santé ! »,

moi : «à la votre ! ».

Chacun boit un peu, on pose nos verres et notre ami intarissable reprend de nouveau.
« C'est aussi dans cette colonie que nous faisions des cabanes dans les arbres du parc, où on jouait avec des jouets que je n'avais pas à la maison. Je pense aux échasses par exemple ou lancer une balle avec le chistera et bien sûr que de bons souvenirs d'être en groupe pour faire diverses activités, que ce soit le chant ou les maquettes.

C'est sans compter les fou-rires que nous avions au moment de la sieste ou en allant nous coucher le soir dans notre joli dortoir, mais en tout cas, c'était toujours quand on nous demandait le silence.

Ensuite un peu plus vieux, je me retrouve dans une colo où on est entre grands, fini la colonie de l'Yonne j'ai dépassé l'âge de rester avec les petits!

Oui ! Çà y est je pars retrouver les copains de mon âge dans les Alpes, en Haute Savoie.
Le souvenir le plus marquant que j'ai de ce moment, avec la nature hostile de l'époque, oui parce qu'avec mes potes j'ai toujours d'excellents souvenirs. C'est quand nous allions à la piscine municipale l'été, où il faisait un soleil radieux, qui éclaboussait toute la vallée de ses chauds rayons.

Qu'il était si agréable de se baigner, dans une eau tempérée, ni chaude, ni froide, une eau agréable et des gens agréables, un climat agréable.

Ce qui l'était moins, c'était ces milliers de taons qui attendaient que tu sortes la tête de l'eau pour te piquer.

Et quand je dis des milliers, c'est vraiment des milliers, un nuage noir au dessus de la piscine.

Donc dans se cas, tu sors de l'eau, tu te débats contre les bestioles, tu te sèche, tu vas au solarium, et tu te mares en regardant les autres se faire bouffer.
Mais heureusement dans cette colonie j'ai aussi plein de merveilleux souvenirs. »

Bigorno s'arrête, boit un peu de bière et me dis :

« je vivais à Levallois Perret, dans le quatre vingt douze, et toi, t'étais où ? »

Alors vas savoir pourquoi, ce fabuleux petit bonhomme que je ne connaissais pas une heure avant, m'avait donné envie de parler de moi, de me découvrir un peu.

Donc je pris à mon tour une gorgée de bière et je me suis mis à raconter ma vie, comme je ne l'avais encore jamais fait.

« C'est marrant ! On a plein de points en commun. Toi, t'as vécu à Levallois en banlieue ouest, où j'ai souvent rôdé, moi j'étais à Montreuil en banlieue est, en Seine Saint Denis, au cour du neuf trois, comme ils disent et qui sait ! On s'est peut-être croisé par le passé et tu m'as peut-être connu.
Quand je vivais au neuvième étage de ce bel immeuble gris qui en comptait treize et qui était d'une gaieté incomparable, dans l'escalier, en bas, nous avions des odeurs. Pour certains odeurs d'évasion, pour d'autres odeurs de prison, pas vu pas pris ! Mais dans le regard des gens par moment il n'y a que mépris.

Ce bel immeuble tout en béton anthracite recouvert de jolies pierres bien grises et noires, au cour d'une cité sombre, noircie par une pollution journalière qui semble indolore, pollution qui chaque jour s'accumule, pollution urbaine, qui ne touche pas forcément que les murs, pollution collante qui te donne l'impression d'être anesthésié, toi et ces quelques deux mille personnes qui rentrent chez elles le soir pour dormir, persuadées que c'est ici dans ces grands blocs qu'elles vivent, alors qu'en fait inconscientes, fatiguées, ahuries, voire même abruties par le ronron de cette vie bien conditionnée, pensant qu'elles rentrent chez elles pour récupérer, c'est dans ces grands ensembles minés par la vie qu'elles viennent pour se ressourcer,
elles pensent que c'est le soir ou le week-end et qu'elles vont enfin pouvoir vivre, elles rentrent chez elles fatiguées, lasses de cette vie et se contentent de survivre.

Dans cette belle cité monoxydée, qui fait partie de ces jolies barres bien alignées, côte à côte, telles des tombes elles-même bien grises, bien rangées et désherbées.

Immeubles ou sépultures silencieuses ? vas savoir !

Deux mille personnes enfouies dans un silence qui pèse.

Il arrive que parfois dans un soubresaut d'humeur qui peut être très lourd de conséquence, certains expriment leurs malheurs, leur mal être et leur rancour.

Mais dans ces cités, petit à petit l'endormissement de la vie fait que disparaît doucement l'espoir de s'en sortir, la joie et l'envie de vivre.
Avec le temps tu perds ta hargne, ta rage de vivre, l'envie de te battre, il te reste à peine de quoi te débattre, comme ces gens qui se trouvent au cour de ces belles grandes villes.

Comme si, une grande ville pouvait avoir un cour.

Tu finis par rester inerte, sans même savoir ce que t'attends. Alors que d'autres dans la cité font l'événement, brûlent des voitures et font du boucan!

Peut-être croient-ils qu'à force ça va changer.

Alors ont leur fait croire qu'on les écoute, pour les calmer, on en reçoit quelques uns, puis le temps passe, on les oublie, et ils retombent dans le mépris.

Alors, avec ma petite famille, avant que notre esprit ne soit complètement ramolli et pour ne pas devenir fou, on à décidés de mettre les bouts.
De partir, de s’en sortir de respirer, d’aller s’aérer l’esprit, de quitter la cité, on s’est dit que ce serait peut-être plus supportable d’aller vivre à la campagne.

Que les gosses seraient toujours mieux à jouer dans le jardin sur le gazon, que dans l’appartement et ses jolis murs de béton, mais un tant soit peu étouffants. Que la vue des chevaux du champ d’à côté, le matin en ouvrant les volets de la cuisine, serait certainement plus supportable, que la splendide et imprenable vue du neuvième étage en plein milieu des immeubles de notre magnifique cité noire et bétonnée.»




Bigorno

« Bah mon pote ! on peut dire que ça ta marqué toi le béton !

Pendant que moi tranquille dans ma petite campagne.

Je me souviens de ma colo en Haute Savoie, nous étions dans un chalet magnifique, on était par chambres de deux, trois ou quatre au maximum, plus rien à voir avec le dortoir que nous avions dans l'Yonne.

Non pas que nous n'étions pas bien dans ce grand dortoir, tu sais quand t'as fait une grande ballade à pieds, pour aller jusqu'à la rivière, puis que tu t'es baigné pendant une bonne heure dans une eau vivifiante, peut-être à cause du courant qui te masse, sans parler de ces saloperies d'algues, dont je te parlais tout à l'heure, puis le chemin du retour qui me paraissais toujours plus long qu'à l'allée, peut-être parce que d'avoir nagé m'avais un peu crevé, mais toujours pareil, pas question de faire croire au filles que j'étais fatigué, j'étais vraiment un petit con quand j'étais gosse.


Toujours est il que quand arrivait le soir et l'heure de dormir, qu'on soit nombreux, dans un dortoir ou pas, quand t'es crevé, tu dors.

Mais en Haute Savoie on avait nos petites chambres, ce qui était presque dommage parce que parfois, suivant les années des clans se formaient.

En tout cas une chose était magnifique, c'est que nous venions de toutes les régions de France, oui j'allais en colo avec le comité d'entreprise de la banque où travaillait ma mère, comme il y avait des agences bancaires un peu partout, les gosses apprenaient à connaître différentes façons de vivre et de parler surtout, chacun son accent.

Le parisien se faisait un peu chambrer, bien sûr, on avait droit de temps en temps au fameux, "parisien tête de chien", mais dans l'ensemble on ne pouvait pas dire qu'il y avait de l'agressivité.


On était loin de ces abrutis de fouteux d'aujourd'hui qui sont presque prêt à tuer pour défendre les couleur de leur club.

Non, nous tout les ans, on éprouvait la même joie à retrouver nos copains et surtout copines, qu'ils viennent de Lille, Strasbourg, Bordeaux, Nice ou Marseille.

C'est drôle le fait de parler de ça aujourd'hui, les souvenirs se bousculent d'un coup et des centaines de visages me reviennent subitement et je me souviens aussi des villes où ils vivaient.

Je me rappelle, il y avait Michel qui était de Bordeaux, il y avait Serge de Marseille, Lucien de Nice. Il y avait les filles aussi, que de bon souvenirs, Emma qui vivait à Marseille, Laurence qui était de Lens, Catherine de Strasbourg, ça pourrait durer des heures, il y en a de plus en plus qui me reviennent, avec leur visage de l'époque et leur accent chantant ou guttural suivant l'endroit d'où ils venaient.


Ils m'amusaient tous en nous reprochant presque d'être Parisiens, ils nous disaient que nous avions un accent pointu, ça me faisait marrer, parce que les seuls qu'avaient un accent, c'étaient eux, nous on a pas d'accent.

Je me demande souvent ce qu'ils sont devenus, comment ils ont vieillis, si je les reconnaîtraient en les croisant aujourd'hui, toujours est-il que j'aimerais bien les revoir.

Mais bon, je dois te saouler a te parler de gens que tu ne connaît pas et que je reverrais peut-être jamais.

Mais ça marque une colo. T'es déjà allé en colo, toi ?

Bois un coup, moi à bavasser, j'suis tout sec !»

Alors je prend mon verre et encore une fois en regardant Bigorno je dit : « à la tienne !


Ouais ! les colos, moi aussi j'y suis allé !



Je me souviens, je suis aussi allé dans l'Yonne en colo, c'était à Trucy sur Yonne, ma mère bossait aussi dans une banque, c'est marrant, quand je te dis qu'on à pleins de points communs, on aurait pu se connaître bien plus tôt.



Ensuite tu vas te marrer, j'étais en Haute Savoie, toujours avec la Banque, à Morzine, magnifique village, je suis aussi allé à Saint Jacut de la Mer, c'est à côté de Saint Malo et j'allais en Suisse pour les sports d'hiver.



Et c'est vachement marrant que tu me parles de colo, tu m'as fait remonter plein de souvenirs aussi d'un coup.

Poilo, j'avais un pote qu'on appelait Poilo, il était roux, on aurait pu l'appeler poil de carotte, mais c'est d'un commun pour un rouquin, je ne sais plus ni pourquoi ni comment c'est venu, mais bon, c'était Poilo.


Super copain que j'ai eu depuis ma première année de colo, jusqu'à la dernière. Il était à Trucy quand je suis arrivé la première année, j'avais environ six ans et lui aussi.



Et on faisaient nous aussi des cabanes dans le parc de la colo, avec JB, Jean Bernard, c'était Poilo, jean Paul Balais et son frère dont je ne me rappelle plus le prénom. Et dans cette superbe cabane perchée assez haut dans un arbre, il faut dire que j'étais petit, on avait trouvé un joli cerf-volant, tu sais cette espèce de scarabée tout noir avec des énormes cornes et des pinces au-dessus de la tête.



Alors on jouait avec, on mettait un bout de papier entre ces fameuses pinces et on le regardait serrer et transpercer ce papier. Et vas savoir ce qui m'a pris, je mets mon doigt entre les pinces de ce foutu machin.




La bête s'est mise à serrer mon index, à tel point que les pinces étaient entrées dans la chair de mon doigt.

Je ne me suis jamais senti aussi proche de la nature qu'à ce moment là.



Je vais donc à l'infirmerie avec JB, l'infirmière regarde mon doigt qui apparemment n'était pas si abîmé que ça et en se retournant elle fait tomber un vase qui était là sur son petit bureau. Elle demande à Poilo d'aller chercher un balai.

Mon pote part, mais quand il est revenu quelques instants après, il était avec Jean Paul, mais toujours pas de balai. A ce moment l'infirmière a éclaté de rire en voyant que mon copain était revenu avec Jean Paul. Et oui Jean Paul Balais.

es années ont passées et Poilo était tout les ans avec moi.
La dernière année de colo, nous étions plus vieux et JB me dit on se perd pas de vu hein ! On s'est revu un peu après, il est venu me voir à la maison avec sa petite amie de l'époque, qui était en fait la cousine de Patou, une des filles qui était elle aussi avec nous du début à la fin des colos.

On s'est revu plusieurs fois, puis le temps passe et puis on s'est perdu de vu, comme Patou d'ailleurs.

Patou !

Une fois je me souviens que le mois de colo était passé, cette année là j'y étais allé en juillet, j'étais rentré chez moi et environ deux mois plus tard, elle était venue me voir. Elle habitait les Lilas, donc pas très loin de chez moi. On à passé une excellente journée, je me souviens,




elle est venue à l'improviste un matin vers neuf heure trente, en me disant je passais dans ton quartier alors je me suis dis, tiens si j'allais lui faire un petit coucou, ça lui fera plaisir.

J'étais effectivement super content, je l'ai fait rentrer dans l'appartement, je lui ai offert un café et je lui ai proposé d'aller faire un tour. Alors après s'être demandé où nous pourrions aller, nous nous sommes décidés.



On va aux puces !

Montreuil ou Clignancourt ?

Patou me dit qu'elle préférerait les puces de Clignancourt, étant donné qu'elle allait souvent à celles de Montreuil, vu qu'elle habite à coté. Moi ça m'était égal, j'adorais aller au puces, que ce soit les unes ou les autres.
Il faisait beau et doux comme souvent en septembre, on s'est baladés toutes la journée. Le matin dans le marché Malik, vers midi on est allé manger une moule frite, puis on a passé l'après-midi dans le coin des antiquaires. »

A ce moment je regarde Bigorno et je lui dit :

« toi qui étais à Levallois, tu devais y être souvent ? Tu étais à coté des puces et de chez toi on peut y aller à pieds. »



Et là, ma surprise fût totale quand il m'a dit qu'il n'y était jamais allé. Il aurait voulu y aller au moins une fois, pour savoir comment c'est fait.



Alors je me suis mis à lui raconter les puces.



« Le marché aux puces de Saint-Ouen !
Les seuls marchés que je connaisse où il n'y a pas d'alimentation c'est les marchés au puces, que ce soit Montreuil, Vanves ou Saint Ouen. Ce vieux marché date des années 1880-1900.

A l'époque quand on sortait de Paris par la Porte de Clignancourt, on voyait les fortifications, les cités de chiffonniers, puis les baraques foraines et les guinguettes au milieu des champs et des jardins maraîchers. Ceux qu'on appelle déjà les « puciers » se sont associés. et les parisiens viennent découvrir des étalages sur lesquels sont toutes sortes d'objets disposés à même le sol. Puis les curieux ont été de plus en plus et du coup les marchands aussi. Une nouvelle mode viens d'être lancée et elle attire parmi les gens endimanchés, collectionneurs qui viennent chiner. Le marché aux Puces entre la capitale et la commune de Saint-Ouen est né. C'est là qu'on trouve le plus d'antiquaires et de brocanteurs du monde.
'est marrant parce que je dis toujours que je vais aux puces de Clignancourt, alors qu'en fait ce sont les puces de Saint-Ouen.

Peut-être parce que j'y arrive toujours par la porte de Clignancourt. Il y a tellement de monde que le marché reste ouvert trois jours de suite par semaine, tous les samedi, dimanche et lundi. Les chiffonniers, les brocanteurs et les ferrailleurs, mais aussi les fripiers, déballent sur les trottoirs ce qu'ils ont chiné durant la semaine. Ce qui permet parfois de trouver l'objet insolite. c'est dingue on y trouve de tout, mais vraiment de tout, des bibelots, de la décoration, des faïences, des antiquaires, de l'horlogerie ancienne, des jouets anciens, du luminaire, des tapis, des affiches anciennes, des cheminées anciennes, de la verrerie, du mobilier et bien sûr des fringues. En plus des antiquités, il y a des commerces de vêtements et d'articles de fantaisie qui se trouvent dans toutes les petites rues. On y trouve une odeur de brocante à l'ancienne et ils aiment çà les fouineurs du week-end à la recherche du bibelot rare ou du coup de cour pour tel ou tel objet.
Et ça fouille, ça discute les prix, ça fouine à la recherche de la bonne affaire, ça chine et on achète parfois des objets qui en vieillissant vont certainement prendre de la valeur. C'est énorme les puces, t'aurais vraiment dû y aller, c'est plus de 300 stands. Il y a la brocante et les frusques dans la rue, mais maintenant, il y a aussi les marchés.



Oui une quinzaine de marchés tous différents.



Le marché Malik et ses vêtements, plus jeune j'y allais chercher des fringues d'occasion.



Une fois on avait prévu de sortir au bal en tenue de teenegers, alors on est allé au marché Malik, à l'époque le fringues , n'étaient pas toujours triées quand tu achetais de grosses quantité.






Ce jour là, il nous fallait pas mal de chemises à jabot, des vestes en daim avec des franges, d'autres en satin de couleur, des pantalons avec une martingale, des chaussures en daim noir, des blousons de cuir, et des santiags.

Le patron de la boutique qu'on connaissait nous dit, je vous offre les chemises. On était super content de notre affaire et on se partages les chemises.

On se retrouve le soir au bal, super bien sapé. Tous contents de nos jolis costards, on danse un peu, puis il commence à faire chaud, alors on décide de retirer nos vestes.

Tous sauf mon pote kermite qui semblait crever de chaud, mais qui ne voulais pas se dévêtir. Un peu plus tard, il suait à grosses gouttes.

Je lui demande pourquoi il garde sa veste par une telle chaleur?
Là, Kermite retire sa veste et nous montre l'arnaque qu'il venait de subir et combien il avait une malchance naturelle, qui lui était devenue habituelle.

Le pauvre n'avait qu'une manche à sa jolie chemise.



Je me souviens aussi du marché Antica tout petit avec une douzaine de stands, tapisseries, bibelots, c'est une petite galerie juste à coté du marché Vernaison.

Là, tu trouves de tout, du plus simple au sensationnel, des objets d'origine et à restaurer, du bric à brac, c'est un vrai labyrinthe, des petites ruelles quelque fois en cul de sac, couvertes ou pas. Il y a toujours la vigne vierge et ce restaurant, ça s'appelait chez Louisette, j'y allais de temps en temps manger une moule frite et écouter des chansons populaires.




Il y a aussi le marché Serpette, un marché couvert, avec ses styles à la mode, mais aussi de l'art nouveau, jusqu'aux années 40.



Et puis le marché Paul Bert, sa marchandise qui déborde devant les stands, ce marché se la joue grave mode décontracté. C'est là que Sharon Stone est venue s'encanailler avec ses copines.



T'as aussi le marché Biron , le marché Cambo, le marché Dauphine , l'Entrepôt, le marché Malassis, le Passage, le marché des rosiers et l'Usine mais bon je vais pas te les faire tous, en plus t'étais à coté, t'avais qu'à y aller.



Je me souviens le jour ou je suis allé avec Patou au puces, j'ai acheté une épée que j'ai toujours, elle est dans mon salon accrochée au mur aujourd'hui.
Puis la journée s'est terminée et Patou est rentrée chez elle.

On s'est revus quelques fois, puis nous nous sommes aussi perdus de vue.



Ce qui est drôle aujourd'hui c'est de repenser aux colonies et à tout ça !



Je me rappelle de Christian, un parisien. Il était super cool aussi ce mec, après la colo, on s'est vu aussi un peu, il habitait rue de Crimée dans Paname. J'adorais son quartier, pour plein de raisons, quand j'allais le voir, j'étais adolescent et à l'époque, j'avais une banane énorme sur la tête, un peu comme Brian Seltzer des Stray Cats, il faut dire que j'étais rocker et dans la rue de Crimée il y avait un petit groupe de mecs habillés comme moi, les santiags, le perfecto etc .
Alors histoire de faire connaissance, j'allais souvent rôder là-bas.

Il y a autre chose, faut dire que j'allais dans une école qui était à la station de métro Riquet, cette année là. C'était à une station de chez lui. Je n'avais donc aucune excuse pour passer juste à coté de chez lui, sans venir le voir.



J'allais flâner le midi au bord du canal de l'Ourcq, regarder les pêcheurs, il y en a plein là bas, j'aimais discuter avec eux, ce que j'aimais aussi, c'était regarder les mouettes, je sais ça va te faire marrer, de m'entendre te parler de mouettes en plein Paris, alors qu'on est maintenant en Bretagne, mais la mouette est toujours fascinante que ce soit ici ou là-bas.



Cette année là, pour faire du sport avec l'école, on allait au stade de Pantin et pour s'y rendre, on partait




de Riquet dans le 19 ème arrondissement de Paris, on passait le long du canal de l'Ourcq, jusqu'aux moulins de Pantin près de la station de métro Hoche. Ce que j'aimais le plus quand on y allait, c'était de passer sur le pont mobile. Quelques fois nous avions la chance de voir une péniche. Alors les feux passaient au rouge, les voitures s'arrêtaient et nous aussi. Le pont s'ouvrait comme un pont-levis, et la route s'ouvrait par le milieu pour laisser passer la péniche. On attendait ensuite que la route se referme, pour traverser le canal.



Le canal de l'Ourcq !

Quand j'y pense, un peu plus vieux, un de mes potes m'avait téléphoné vers onze heures du soir en me disant de le rejoindre devant chez lui à Pantin. J'y vais, j'avais à l'époque une petite bagnole, une autobianchi jaune moutarde avec le toit noir.


Arrivé en bas de chez lui, il me demande si je peux l'aider à mettre sa moto dans mon coffre, pour l'emmener au canal, c'était un 125 Kawa de trial qu'il avait acheté d'occasion une semaine avant et dont le moteur venait de serrer. Comme il avait pas trop d'argent, la meilleure solution pour lui, c'était de la balancer dans le canal et de dire à son assurance que la bécane à été volée, pour pouvoir s'en acheter une autre.

Comme on ne laisse jamais un bon pote dans la merde, nous voilà partis. Mais pas facile de rentrer sa pétrolette dans le coffre, mais bon ! on y arrive. On longe un peu le canal par le chemin de halage, et près de l'usine des moulins de Pantin, il y une sorte de tourelle qui enjambe le chemin, on se gare dessous, on sort avec encore beaucoup de difficulté l'engin, mon pote le jette dans le canal, ça a fait un de ces raffut!
Là où on s'est pas senti très bien c'est quand on s'est aperçu que la tourelle en question, celle qui était juste au dessus de nous, était un poste de police de nuit, chargé de surveiller le canal. Ils ont allumés deux énormes projecteurs, le temps pour nous de voir que la selle de la bécane était en train de flotter au beau milieu du canal, on est remonté vite fait dans la voiture, et c'est tout feux éteint, à fond et le haillon grand ouvert que nous sommes rentrés. Heureusement ils ne nous ont pas rattrapés, mon pote à acheté une nouvelle moto, qu'il a entretenue un peu mieux que la première. Çà c'était bien après les colonies de vacances et de Christian.



Oui je te disais donc, que j'allais souvent voir Christian.

Je me souviens en colo justement, quand il sortait avec Nicole, ils étaient marrants tout les deux.


A Trucy sur Yonne on avait organisé un bal, il s'appelait le bal de l'empereur, on avait de magnifiques costumes que nous avions nous même confectionnés, on étaient tous déguisés, les garçons en prince et les filles, devines en quoi ?

en Princesses bien sûr.



Nicole et Christian formaient vraiment un beau couple, on aurait pu penser qu'ils allaient se marier ensemble.



Ho! Il y a aussi Annie.

Cette fille de Marseille avec son accent qui chantait. D'ailleurs, il n'y avait pas que l'accent qui chantait, Annie aussi et elle chantait bien. Elle qui nous donnait toujours l'impression d'être de bonne humeur, qui avait toujours le sourire, toujours un petit mot gentil, je me souviens quant on était à Morzine, en haute Savoie, de cette journée ou nous sommes allé nous promener au village voisin,
il n'y avait qu'une dizaine de kilomètres à faire, mais ce jour là, mes pataugas, vas savoir pourquoi, me faisaient un mal de chien, mais heureusement Annie avec sa bonne humeur habituelle m'a soutenu le moral, ce qui m'a permis d'arriver à bon port sans retarder les autres, et je dirais tant mieux, parce qu'à l'arrivée nous sommes allé dans un café nous taper un bon chocolat chaud, et ensuite, pendant que les monos discutaient entre eux, on est allés dans une salle de jeux, avec des machines à sous et bandits manchots en tout genres, ou j'ai bien sûr claqué tout notre fric. Je dis notre fric, parce que j'ai joué mon argent et quand les poches ont été vides, j'ai commencé à jouer avec les ronds de mes potes en pensant que j'allais me refaire et leur rendre leur blé tout de suite, mais évidemment j'ai aussi perdu les tunes des copains, qui étaient pressés de rentrer à la colo, pour que je les rembourse.




Annie était avec nous, quand nous avons décidé d'aller camper dans un petit village de montagne où on ne peut aller qu'à pieds. On est parti pour quatre jours, il y avait bien une route pour y monter, mais les moniteurs et nous avions choisis les sentiers pour monter la haut. Et monter ce n'est pas peu dire, parce que, ho la vache que ça montait !



On a marché la première journée au travers de la montagne, par ces petits chemins, larges d'à peine soixante centimètres et qui par moments sont à l'aplomb de la montagne, ce qui te donne parfois un sacré vertige. Mais que la montagne est jolie avec cette bruyère qui pousse sauvagement un peu partout dans les chemins, mais aussi sur les flancs de la montagne, au pieds des pins parasol qui poussent on ne sait comment dans les pierres, certains sortent même directement de la roche.

C'est seulement le deuxième jour, que nous avons pu apercevoir les premiers pieds de myrtilles, mais malheureusement pour nous, ce n'était pas la saison, donc pas de myrtilles à manger. Nous avons continué à marcher toutes la journée, mais le petit souci était que nous n'avions plus une goutte d'eau à boire. Et marcher sans boire, quand on est gosse, c'est pas facile. Les moniteurs ont regardé sur une carte qu'ils avaient pris soins d'emmener avec eux à notre départ, et nous ont dit que quelques kilomètres plus haut il y a un village et que nous allons bientôt pouvoir boire.



Alors le courage revient, on continue notre marche et je dois dire que malgré toutes ces difficultés j'ai vu ce jour là, des paysages que je ne pourrais jamais oublier, d'autant que le ciel était d'un bleu azur, avec juste par endroit de gros nuages bien blanc, qui ressemblaient à d'énormes morceaux de coton.
En continuant notre randonnée, nous avons eu la chance à un moment, de nous retrouver parmi les marmottes, plus bruyantes les unes que les autres, rentrants et sortants sans cesse dans leur terrier. Ce qui était surprenant, c'est qu'elles n'avaient pas vraiment l'air d'être effrayées de nous voir. Il faut dire qu'à ce moment précis, plus aucun d'entre nous ne faisait de bruit, de peur de les faire fuir.



Il a bien fallu un bon moment, avant de nous décider à reprendre notre route, pour continuer et enfin essayer de regagner ce village dans lequel se trouvait l'eau qui nous manquait tant.



Quelle énorme déception quand arrivé sur les lieux même du village indiqué sur la carte, on s'est rendu compte que nous étions au milieu de nulle part, dans les ruines et que c'est certainement pas ici que nous aurions la moindre goutte d'eau.


Il n'y avait ici que des tas de pierres et des grosses poutres de bois. Les ruines de vieux chalets abandonnés, avec des morceaux complets de toiture couchés au sol. A ce moment les moniteurs ont décidé que nous allons camper sur place, près de ces ruines au beau milieu des pieds de gentiane. Quand est arrivé le soir, je dois dire que le moral était un peu dans les chaussettes.



C'est seulement le lendemain matin que l'on s'est dit que nous avions peut-être bien fait de camper à cet endroit. En effet, quelle était bonne la surprise quand on à vu que dans chaque pied de cette fameuse gentiane, il y avait de l'eau, la rosée avait déposée dans chaque feuille une énorme goutte de ce merveilleux liquide. Avec les reflets du soleil, les gouttes qui se promenaient dans ces grandes feuilles m'ont fait penser à des insaisissables gouttes qui se seraient échappées d'un thermomètre à mercure.




Alors ce matin là, nous avons pris nos gourdes et en faisant super attention de ne pas en renverser une goutte à côté on s’est empressés de les remplir.
Puis nous avons replié nos tentes, refait nos sacs à dos et nous avons repris notre chemin qui grimpait encore plus que la veille, mais ça n’avait pas d’importance puisque nous avions de l’eau.

Au bout de quelque heures de marche on est arrivé à un endroit magique.

En plein mois de juillet, nous avions les pieds dans la neige. C’est qu’on en avait fait du chemin depuis notre départ du chalet. Comme il se doit, nous avons fait une bonne bataille de boules de neige !

Ensuite on nous a dit de remplir à nouveau les gourdes, nous sommes repartis, et là, en moins d’une heure, le chemin redescendait doucement.
Nous avons regardé derrière nous, mais la neige avait complètement disparue de notre vue.

Après avoir marché une petite heure encore, nous sommes arrivés dans un petit village, qui n'était pas en ruines, lui. C'était le fameux village que voulait nous faire découvrir les moniteurs. A l'entrée du village il y avait pour notre plus grande joie, encore des marmottes. Nous sommes restés un bon moment à les regarder faire le spectacle, puis nous sommes entrés dans le village.

Une fois dedans, nous avons acheté du pain pour nous faire quelques sandwichs.

Chacun d'entre nous avait son pain en travers du sac à dos, nous allons près de la fontaine du village. Et le premier réflexe de chacun, à été de vider sa gourde, qui contenait de l'eau de neige fondu, qui avait été réchauffée par le soleil.
Il est vrai qu'à boire, cette eau là n'est pas terrible. De bien rincer nos gourdes avant de les remplir à nouveau d'une eau glaciale. On pouvait enfin boire à volonté de la bonne eau de source bien fraîche.

On met nos sacs par terre le temps de se désaltérer, et là, d'un coup, on se rend compte que nous sommes encerclés par un énorme troupeau de chèvres, qui plus voraces les unes que les autres, sont en train de manger tout le pain que nous avons acheté quelques minutes auparavant.

Heureusement, nous avons réussi à chasser les bestioles ! Ensuite on est allé à la sortie du village faire nos casses croûtes, avec le pain qui nous restait, puis on est rentrés tranquillement au chalet. Par la route cette fois. Et il ne nous a fallu que quelques heures à peine.

Que de bons souvenirs qui me reviennent !
C'est dans cette même colonie qu'un jour on était parti faire un pique nique au bord d'une magnifique rivière.

Nous avions marché un peu pour aller voir cette rivière dans laquelle se jetaient les torrents qui étaient eux même remplis par la fonte des neiges. Par endroit on voyait surgir des flancs de la montagne, des superbes cascades, il y en avaient qui avaient tellement de force, qu'elle passaient au dessus de la route. Après s'en être mis plein les yeux, on arrive sur les berges de cette fameuse rivière qui bouillonnait à nos pieds. Par endroit, il y avait des grandes poches d'eau très profondes, d'au moins deux mètres de fond d'une eau limpide et transparente. Ces poches étaient situées juste derrière d'énormes rochers ronds, usés par le temps et surtout par le courant. Il faut dire que là-bas, l'eau recouvre les rochers les trois quarts de l'année.
On était bien à sauter de rocher en rocher, à faire des ricochets en lançant des cailloux plats sur l'eau, à jeter des batons et branches en tout genre. Bref ! On se défoulait. On se défoulait tellement bien, qu'à un moment, j'ai mis le pied sur une branche bien ronde et j'ai glissé. Je suis tombé sur un rocher mouillé et bien sûr là, j'ai glissé dans une de ces grosses poches d'eau bien fraîche.

Forcément on est moins vaillant d'un coup, on fait beaucoup moins le beau.

D'autant que j'ai passé le reste de ma journée dans mes fringues trempées.»

Là je prends ma chope et me tape deux bons gorgeons, Bigorno, lui n'attendait plus il sirotait pendant que je racontais mes péripéties.

Moi : « t'chin t'chin ! »
Bigorno qui avait l'air de se souvenir d'un événement à me faire partager, me dit :

« Santé !

C'est marrant il m'est arrivé quasiment la même chose, j'étais parti camper pendant un week-end avec de potes dans les Vosges, pas très loin du lac de Gérardmer. On est parti un samedi matin de la Marne, mes potes étaient vers Sézanne, donc on savais qu'il nous fallait pas trop longtemps pour y être.

n part donc tranquillement, au passage on décide de passer à Dom Rémy, le village natal de Jeanne d'Arc, puisqu'on passe dans le coin, autant en profiter. Arrivé à Dom Rémy on va voir la maison de la fameuse Jeanne, maintenant qu'on est là, on va la visiter, et une fois dans sa chambre, on est parti d'un fou rire à cause de Thierry qui me dit :
" C'est con de mourir brûlée, quand t'as un extincteur dans ta chambre ! "

Après s'être remis de nos émotions, on a repris la route direction Gérardmer.

Putain ! on arrive au terrain de camping, il tombait des cordes. Bon ! bah ! pas l'choix on monte la tente sous la flotte, on était trempés. On se met à l'intérieur et on se couche. Heureusement que nous avions des affaires de rechanges dans nos sacs à dos.

On à bien faillit rester humides tout le week-end, au départ on s'est dit on part deux jours, pas besoin d'une tonne de linge. Mais bon, sous l'influence de certains, on a pris des nippes. La nuit passe, le lendemain comble de bonheur, il y avait dix centimètres d'eau dans la tente de mon pote, qui n'était plus étanche
(à ce moment là, ni la tente, ni mon pote n'était étanche d'ailleurs !). On fouille dans nos sacs, on trouve encore un peu de linge sec. Super ! il ne pleut plus !

On va se balader, on trouve une magnifique rivière qui ressemble à celle dont tu parlais tout à l'heure. Et là, bah pas mieux ! J'ai glissé en marchant sur la mousse qui vit sur les rochers et je me vautre comme une grosse merde. Là évidemment je ne tombe pas sur les cailloux ni sur un gros rocher, mais bien entendu dans la baille. Mes potes étaient morts de rire, ils se sont bien foutus de ma gueule.

Je suis sorti tant bien que mal de la flotte qui était glaciale et comme je suis joueur, j'ai mis tout le monde au jus !

On à fini le week-end trempés jusqu'aux os. Et cette fois ci, on avait vraiment plus rien de sec à nous mettre.»


Bigorno boit un coup, pendant ce temps il m'est revenu une anecdote. Alors je me suis mis à raconter :

« Il y a une autre fois ou j'ai été trempé, c'était encore en colonie de vacances d'ailleurs.

Enfin en camp d'ados plus exactement, mais cette fois-ci à Saint-Jacut de la mer, en Bretagne, près de Saint Malo.

On avait eu quartier libre ce soir là. On devait être rentré avant minuit. Tu me diras que ça fait tôt, mais quand t'as pas de mono au cul, t'es content, même si c'est pas pour bien longtemps, le fait d'être juste entre nous, sans la surveillance d'un adulte, c'était un vrai bonheur.

On va donc tous ensemble dans une crêperie, histoire de se requinquer un peu et de siffler une bolée ou deux de cidre pour les uns, une ou deux bières pour les autres.
Ensuite on va sur une petite plage tranquille. Il n'y avait que nous, là on décide de faire un feu de camp. Bien sûr, comme toujours dans ces cas là, quand il y a un feu de camp en colonie de vacances, t'as un mec qui joue de la gratte. A l'époque ça m'énervait grave ce genre de mecs qui se la raconte un peu. Les nanas étaient toutes autour de lui, comme des merdes autour d'une mouche, ou l'inverse. Elles étaient toutes là à l'écouter et à le regarder jouer. A croire que jouer de la guitare quand on est des ados, ça rend beau ! Enfin bref ! On fait notre feu, l'autre continu à faire le beau !

On s'installe en rond autour du feu, c'est beau, il fait nuit, les filles sont charmantes, il fait pas froid, bref, on est bien.



Jusqu'à ce qu'arrive une méga grosse vague qui est venue en un éclair sur nous.


Elle nous a recouvert d'un coup. Nous, mais aussi le feu, qui a été éteint d'un seul coup et qui a été embarqué à la mer, quant à nous, on était trempé comme des soupes. La consolation, c'est que le beau avec sa guitare et sa jolie petite gueule était trempé. On a même cru qu'il allait pleurer parce que sa gratte avait pris l'eau.

Bref ! Fin de chantier, on n'avait qu'à rentrer nous changer, mettre des vêtements sec et nous coucher, fin de soirée. »



Bigorno boit un coup, puis me regarde fixement quelques instants et me dit :



« c'est marrant j'ai l'impression de t'avoir déjà vu, mais où, ça je sais plus. Si ça t'emmerde pas trop, racontes moi un peu ta vie, en t'écoutant, peut-être que ça va me revenir. »




Alors comme je me sentait bien, et qu'il avait l'air sympa je lui ai dit :

« j'espère que t'as un peu de temps devant toi parce que ça risque d'être un peu long !



Toi, si j'ai bien compris on t'appelle Bigorno et le gars qui était là, à l'autre bout du bar quand je suis arrivé, c'est Bulot. Je sais pas pourquoi on vous appelle comme ça, mais j'espère que tu me le diras un jour.



Moi aussi je suis une sorte d'escargot, mais plus terrestre, enfin il arrive que parfois on me prenne un peu pour un extraterrestre, mais bon !



Je suis toujours un peu solitaire, disons que je serais plutôt une sorte d'escargot sauvage. C'est pas bien méchant un escargot, même sauvage ! Je suis du genre de ceux qui aiment bien rester tout seul.
C'est pas pour autant que j'ai pas de copains, mais tout en ayant des potes, c'est bien de pouvoir les voir quand moi j'ai envie. Je suis de ces olibrius capables, juste avant de sortir avec mes potos, de m'enfermer une heure ou deux dans le noir pour méditer. En fait, je pense que je suis vraiment un solitaire. C'est peut-être dû au fait que je suis fils unique, vas savoir.

Mais je regrette vraiment rien, je suis même content d'avoir été élevé seul.

Ça évite d'avoir un frère plus grand qui veut t'imposer sa loi, et qui fait tout pour t'empêcher de sortir avec lui , ses potes ou ses copines.

Ou un frère plus petit, qui vient te faire chier quand t'es avec tes copains ou pire, quand c'est toi qui est avec ta copine. Non franchement je regrette pas.


Quand tes parents rentrent, t'as beau leurs dire que c'est pas toi, du fait que t'es seul, ils ont du mal à te croire. Sinon, c'était génial.

Le seul truc où ça a pas toujours été pratique, c'est quand t'es chez toi, tes parents sont pas là, que t'as fais une grosse connerie.

Et puis tu es seul chez toi, mais en dehors tu as tes amis. Bon c'est vrai que quand t'es gosse, t'as tendance à choisir tes copains, parmi ceux qui plaisent le moins à tes parents.

Enfin moi c'était le cas !

Eux voudraient que tes potes soient les plus sages et les plus studieux de l'école et du quartier, et toi tu préfères ceux qui sont ! les plus marrants, les plus cancres et les plus turbulents, bref ! Ceux avec lesquels tu peux faire le plus d'âneries.


Donc j'ai été élevé en région parisienne, à Montreuil plus précisément. Cette merveilleuse ville de Montreuil-sous-bois.





Par maligorn gouez - Publié dans : Maligorn Gouez - Communauté : Nouveaux écrivains bretons
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 06:18
Je me souviens quand j'allais au parc.

Oui, nous avons nous aussi des parcs, dont un des plus grands et des plus beaux parcs de la région, le parc Montreau.

Tu connais peut-être ? C'est splendide.

Un très beau parc à la limite est de la ville. Avec de très belles vues, des arbres magnifiques, des bassins du 17ème et du 18ème siècles, des serres du 19ème et quelques vestiges du château de Montreau. Au milieu du parc, dans la maison de l'ancien maire Théophile Sueur se trouve le Musée de l'Histoire Vivante.

J'allais moi aussi salir mes frusques en me roulant par terre dans le parc.


Mais nous on croyait être des spéléologues. On avait trouvé une petite entrée de souterrain dans le parc, près de l'ancien château.

Alors avec mon copain Marc, on s'était dit que dès mercredi prochain, on viendrait faire les fouilles dans le souterrain du château.

Le mercredi suivant, j'avais ma lampe de poche, Marc avait la sienne et il avait piqué une lampe frontale qui appartenait à son père. On est entré dans le trou et là on s'est aperçu que la municipalité avait rebouché le fond de celui-ci avec de la terre glaise. Cette terre bien grasse et bien verte. Mais nous on voulait savoir où çà menait ce souterrain. Ce jour là, il tombait des cordes, mais nous on était à l'abri dans notre trou, alors on a joué à explorer tout l'après-midi, en imaginant des tas d'histoires rocambolesques, pensant qu'on allait découvrir un soupirail ou je ne sais quel autre passage secret.


C'est vrai que je n'avais que six ans et que mon imagination était très fertile à ce moment là.
Mais vers seize heures, quand on a voulu sortir, la pluie avait fait une poche d'eau qu'il a bien fallu traverser. En clair on est rentrés chez nous sous la pluie, avec de la boue collée partout, de la boue verte plein les vêtements. On en avait jusque dans le slip et on sentait l'odeur de l'argile, cette forte odeur, cette odeur qui ressemble à celle du pétrole et qui te porte au cour. Je te dis pas comment on s'est fais engueuler en rentrant, d'autant que marc avait perdu la lampe frontale de son père.

Un autre endroit de Montreuil où j'aimais aller, c'était les butes à Morel, du nom de l'ancien propriétaire. C'est devenu un parc depuis. Le parc des Guillands je crois, c'est à la limite de Bagnolet, du haut des butes on voyait tout l'est de Paris, on voyait le château, le rocher du zoo et le bois de Vincennes.
Les butes étaient situées sur des anciennes carrières, utilisées pour la construction des murs à pêches. Etant petit il y avait un peu partout dans Montreuil des grands murs blanc et gris, tout en plâtre ou en gypse. A l'époque, plus de la moitié de Montreuil, était des vergers.

Tu vois, nous aussi on avait des vergers.

Il faut savoir que l'ancien nom de Montreuil sous bois est Montreuil Pêche, certainement grâce aux vergers. Puis c'est devenu Montreuil-sous-bois, à cause du Bois de Vincennes qui est juste à côté. La légende dit que Saint Louis qui vivait au château de Vincennes, venait prier à l'église de Montreuil. Elle à été construite entre 1180 et 1220 et qu'il passait par le souterrain qui les relient l'un à l'autre.
Il paraît qu'on pouvait circuler à sept chevaux de front dans le souterrain, d'après la légende. J'ai jamais vu le souterrain, mais l'église, elle, est toujours là et toujours aussi majestueuse.



Quand j'étais gosse, j'allais jouer dans les carrières de plâtre des butes à Morel. C'était bien ! Peut-être aussi parce que c'était interdit, c'est beaucoup plus marrant quand c'est interdit. On creusait dans la craie avec des bouts de bois qu'on affûtait en les frottants sur des morceaux de silex noirs qu'on trouvait sur place, et qui nous servaient eux même pour sculpter. On croyait être de grands artistes, il faut dire que trois coups de bâton sur un bout de craie, quand t'es gamin ça ressemble tout de suite à quelque chose. Mais quand t'es petit tes rêves te permettes de remplacer le talent que t'as peut-être pas.

Un truc qu'on adorait faire aussi c'était jeter des gros blocs de calcaire dans ces énormes marres d'eau que les engins de chantiers avaient laissée. C'était marrant ces grandes gerbes d'eau qui éclaboussaient tes copains en retombant dans les énormes étendues d'eaux. Des vraies piscines olympiques ces trous d'eau.



D'ailleurs l'été, quand il faisait vraiment chaud, on profitait du fait que les carrières étaient soit disant fermées, pour aller piquer une tête dans les trous remplis d'une eau bleue verte, limpide, presque transparente. Le fait que l'eau ne bougeait pas parce qu'elle était protégée du vent par les falaises de la carrière, le bain était vraiment très agréable tant l'eau était chaude. Une fois que nous avions bien joué en bas de cette carrière, pour se sécher un peu on remontait sur le dessus des butes. Là où le terrain était en friche, dans les herbes hautes et nous aussi on allait chercher des orvets.
On jouait avec les papillons et les crapauds qui se gavaient de sauterelles. Les grenouilles elles, étaient en bas de la carrière vers les marres. Et quand il faisait bien chaud et sec, ce qui nous fascinait, c'était les lézards qui restaient des heures sans bouger en plein soleil. Forcement ils n'étaient pas trop dérangés, l'endroit était interdit au public et suffisamment vaste pour qu'on cohabite sans se gêner. Mais je me souviens à cette époque, on allait parfois très loin de chez nous pour chercher des bestioles en tout genres.



On allait là où maintenant se trouvent les collines de la Boissière. Ces énormes cités, quand j'étais petit, c'était un tout aussi énorme bidon ville, qui démarrait en haut, du boulevard qui même au fort de Rosny et qui descendait jusqu'à la pleine, là où est maintenant le centre commercial de Rosny deux.
A cet endroit, ils y avait des vieilles cabanes en bois et en tôles ondulées avec des grandes bâches en plastiques, au beau milieu des terrains vagues, là où personne ne venait, un coin abandonné de tous. Je pense maintenant que c'était surtout un coin que personne ne voulait voir. C'est certainement dû au fait que des familles entières de manouches vivaient là. Sans véritable maison, en essayant de s'abriter sous les tôles ondulées complètement rouillées. Mais c'est là avec mes potes qu'on adorait venir, d'une part parce que les manouches, quand tu les connais bien, ce sont des gens qui te donneraient leur chemise et en plus on était devenus copains avec leurs enfants. Ils allaient dans les mêmes écoles et les mêmes classes que nous. Pour certains on connaissait les parents, sans savoir où ils habitaient. On les voyait toutes les semaines sur les marchés.
Une bonne partie d'entre eux étaient forains. Et les petits manouches eux, savaient où on pouvait trouver les grenouilles, tritons et autres salamandres.



On passait des mercredis entiers à se balader dans des herbes plus hautes que nous, il y avait aussi des ronces, des lianes et aussi cet espèce d'arbuste qui a comme des pompons blancs, ces pompons sont composés de fibres comme des plumes. Quand on souffle dessus çà vole. Je crois que la fleur de ce truc s'appelle un chaton.



Une fois mon copain Tony avait un briquet sur lui et juste pour voir il à allumé une des fleurs de cet arbre. C'était en plein été et tout était bien sec et en quelques secondes l'arbre entier était enflammé. Puis il s'est éteint tout seul, à la même vitesse qu'il s'était allumé, seul les chatons ont cramé, un peu comme une feuille de papier à rouler des cigarettes, quand tu les brûles et qu'elle sont vide.
Et je sais de quoi je parle, car si Tony avait un briquet, c'était justement pour allumer nos premières cigarettes. Quelques fois composées de mégots ramassés à l'aveuglette dans les rues. On déchirait le papier, puis on mettait tout le tabac dans une boite en fer, ensuite on avait acheté des feuilles et on recomposait des cibiches. Quand les finances manquaient, on fumait des brins d'herbes séchées sous les tôles dans du papier journal ou pire on cassait des morceaux de liane qui étaient autour de nous et on les fumait. C'était dégueulasse, mais on se sentait presque des hommes du coup.



A cet endroit il y avait une marre et heureusement que l'arbre en question n'était pas entouré de végétation dense et bien sèche, mais juste de l'herbe verte, sinon je crois qu'il aurait mis le feu à plusieurs kilomètres de végétation sauvage.

Et je pense que plein de pauvres gens auraient été obligés de trouver un autre abri pour se loger.
Tu me diras, ils les ont expulsés comme des malpropres quand ils ont construit leur cités de merde et leur centre commercial. A croire que les grenouilles ne rapportaient pas assez d'argent.

Mouuuuaaarrffff !



J'adorais me promener dans la nature, aussi bien dans ces grands espaces encore sauvages, que dans notre joli parc, où suivant les saisons, je pouvais ramasser des marrons et des châtaignes, des noisettes et autres glands, en se promenant dans les allées du parc. Je ne dis pas que le gens qu'on croisait dans les allées étaient des glands, quoique !



Bref, dans ce parc donc, on allait aussi voir dans les deux grands bassins, si on voyait les carpes. Elles nous paraissaient énormes, c'est alors qu'avec mon copain Denis, on avait acheté du fil de pêche, des bouchons, des hameçons, des plombs enfin tout ce qu'il fallait pour pêcher
ces fameuses énormes carpes, mais aussi les petit gardons et même pourquoi pas, les poissons rouges qui vivaient avec. Puis on allait au lac comme on disait, et avec une branche d'arbre à laquelle on avait accroché notre ligne. Oui, on pouvait pas se promener avec des cannes à pêche, ça se serait vu et la pêche était interdite. Alors on pêchait chacun notre tour, pendant que l'autre faisait le guet, surveillant les allées et venues des gardiens du parc, qui étaient là pour empêcher les gens de pêcher dans les bassins. Je pense que c'est ce jour là, après avoir attrapé un beau gardon, que j'ai attrapé cet amour de la pêche. Je peux dire que la pêche est pour moi un virus qui depuis, ne m'a jamais quitté.



C'est à cette même époque que je suis allé en vacances une semaine dans la famille de la cousine de mon père près de Fontainebleau, ils habitaient au bord du canal et la semaine où j'y étais il y avait un concours de pêche.

J'ai eu la chance de pouvoir m'inscrire sur place, et d'avoir comme emplacement imposé, l'endroit où je pêchais habituellement. Je me suis installé, donc au bout du jardin de la cousine qui venait régulièrement voir si je ne manquais de rien. Il faisait beau et les gens étaient super sympas. Ce jour là, j'ai attrapé quelques gardons, ce qui m'a permis d'obtenir un prix. A ma grande surprise, mais j'avais pêché le plus petit poisson du concours et il y avait une récompense pour çà. J'étais super fier quand je suis revenu avec mon prix à la maison, même si le lot qui correspondait à ma prise n'était qu'un coupe ongle. J'avais obtenu un prix à mon premier concours de pêche, ce qui n'était pas le cas de tout le monde.



C'était l'été et j'aimais bien aller chez eux, la cousine de mon père était très gentille et son mari super marrant, je pouvais faire tout ce qui me plaisait, ils avaient une fille de mon âge, qui avait deux copines gentilles aussi, surtout l'une des deux qui elle était très gentille.
Et deux autres cousins de notre âge étaient là également, sympa, donc on était assez nombreux et on s'amusait bien.

Et cette fois-ci, j'y suis retourné pour un mois, et quel mois ! Au mois de juillet je crois et il faisait vraiment très chaud. On allait se baigner dans le Loing, à Moret, la rivière était magnifique avec ses cascades, sa plage de sable fin, le sable du coin de Fontainebleau est super fin. On jouait dans l'eau au ballon, j'avais un masque, des palmes et un tuba, pour regarder les poissons, mais vu le raffut qu'il y avait autour, je risquais pas d'en voir. Surtout que tous les gens du coin se retrouvaient à cet endroit pour se baigner, ce qui était très bruyant mais bien sympathique.



Pendant ces vacances mes parent nous avaient rejoint un week-end, on était allé faire un tour en forêt, et le cousin nous avait fait découvrir des coins inoubliables, avec d'énormes rochers au cœur d'une immense étendue de sable blanc. Un paysage qui ressemble un peu à ceux que l'on voit dans les western.
Ce jour là un autre cousin à mon père nous avait rejoint, un sacré bout en train qui faisait dans les 120 kilos minimum, avec le teint rouge certainement dû au fait qu'il travaillait à l'extérieur tout l'année. On aurait dit un gros bébé. On l'adorait ! Et ce pour une raison bien simple, il nous faisait faire toutes les bêtises possibles et imaginables, mais en prenant tout à son compte, pour qu'on ne se fasse pas trop enguirlander.



Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais emporté par l'élan, je pense, mon père se met à escalader les rochers, puis ils se met à sauter de l'un à l'autre avec ses cousins, de vrais gamins. Et c'est pas triste des gamins d'une cinquantaine d'années en train de faire l'andouille comme si ils avaient six ans. Leurs femmes en bas des rochers, rigolaient de les voir faire les pitres. Mais mon père à rigolé un peu moins quand il à décousu tout l'arrière de son pantalon en sautant sur un rocher un peu plus lointain que les autres. Il l'avait déchiré du passant pour la ceinture qui se trouve à l'arrière, jusqu'à la braguette, une ouverture de plus de trente centimètres.
Le bénouze était foutu. C'est avec un gilet autour de la taille qu'il à fini la journée.



J'adorais être chez eux, parce que mon père redevenait un gosse en étant avec ses cousins. Mais comme toutes bonnes choses, les vacances ont une fin.



De retour à Montreuil en attendant la rentrée des classes, avec impatience pour une fois. Et pour cause que j'étais impatient, voilà qu'était arrivé l'âge d'aller au collège. Là, plein de choses ont changé. C'en était fini pour le moment, des grenouilles, tritons parties de pêche et tout çà. J'étais devenu un grand. Tu te rends compte, j'allais au collège en bus. Sept stations qu'il y avait entre la maison et mon collège. Ha ! Cette année là ! J'étais vachement fier d'aller seul en bus à l'autre bout de la ville. Oui seul de mon quartier à aller dans ce collège. Il était prévu que je sois avec mes deux potes préférés, mais ils n'étaient pas là. Il faut dire qu'on faisait tellement de conneries à cette époque là, que mes parents m'avaient menacés de me mettre en pension. Mais pour mes potes, les parents ne les ont pas que menacés, ils l'ont fait.
Du coup, il ne me restait plus qu'à me faire de nouveaux copains dans ce nouveau collège.

J'ai grandi d'un coup, mais j'ai surtout grandi politiquement, on était en mille neuf cent soixante huit.



L'année scolaire s'est déroulée sans incident majeur, contrairement à l'année sociale qui agitait beaucoup plus, les grands chevelus des classes supérieurs. Nous sommes arrivés à ce joli mois de mai, je me souviens ce jour là, j'avais un cours d'anglais et ma classe était au deuxième étage, tout au bout d'un couloir super long. Les événements qui agitaient le pays duraient depuis plus de deux semaines et s'amplifiaient de jour en jour. Tous les jours on voyait les CRS, les Compagnies Républicaines de Sécurité, tu parles d'une sécurité ! Plus ils étaient autour de nous, plus ils se sentaient fort et plus ont avait peur. Il y avait pas de quoi avoir peur pourtant ! Ils étaient protégés par des combinaisons rembourrées, ils avaient des boucliers , des casques, des matraques, des grands bâtons recouverts de cuir, des grenades lacrymogènes et ils étaient armés de fusils avec des balles en caoutchouc.

Remarques ! Aujourd'hui ils sont encore mieux équipés et je me demande si ce sigle de CRS ne voudrait pas dire Compagnons de la Répression Sarkosienne, une sorte de secte quoi !

Enfin bref ! En regardant par la fenêtre, tous les jours on les voyait charger les étudiants qui formaient des groupes de plusieurs collèges réunis. Et ce jour là, on était debout, sur nos tables qu'on avait poussés contre le mur, juste sous les fenêtres pour mieux voir ce qui se passait dans la rue. Les grands passaient en bas, sur le trottoir, coursés par des groupes de policiers en tout genre. Il y avait du keuf en civil, du poulet en képis, et nos amis cow-boys, les condés emmitouflés. Comme dirait Renaud : « Les matraqueurs assermentés qui fignolèrent leur besogne ».

Quand un de mes potes à eu la riche idée d'attendre que les flics soient juste en dessous de nous, pour balancer les chaises puis les tables de la classe sur les CRS, dans l'euphorie du moment, on s'est tous mis à l'imiter en gueulant " C.R.S S.S ".
Sur le coup, l'idée nous paraissait géniale. C'est quand les roussins sont rentrés dans l'école et qu'ils ont chargés en tapant sur tout ce qui bouge encore, après avoir lancé des grenades lacrymogènes dans quasiment toutes les salles, que l'idée nous a paru beaucoup moins bonne.

Mais bon, aujourd'hui ça fait de bons souvenirs, quitte à passer pour un vieux con vis à vis des gosses, on est content de pouvoir dire :

J'y étais !

Et encore, moi j'avais que dix ans.

Dix ans ! c'est à cet âge que j'allais retrouver ma mère à la sortie de son boulot.

J'adorais aller la chercher, je prenais le bus puis le métro.

Tout d'abord le bus, tu sais ces vieux bus que t'as du voir à la télé ou dans les vieux films, à moitié vert en bas et jaune beige pour la partie supérieur.
Devant il y avait le moteur qui dépassait entre deux énormes ailes en forme de garde boue. Et en haut au dessus du pare-brise il y avait le numéro de ta ligne de bus. Il y avait une plate-forme à l'arrière du bus, tu pouvais courir pour prendre le bus entre deux arrêts pendant qu'il roulait, faut dire qu'ils roulaient pas bien vite. Il y avait un agent de la RATP à l'arrière du bus, à qui tu donnais ton ticket, il le passait dans une espèce de moulinette et le ticket ressortait imprimé. Il n'y avait pas de bande magnétique, ni machine. L'oblitération du ticket se faisait soit à l'arrière du bus, soit par le chauffeur. Après on a eu des bus plus modernes, fermés derrière avec le poinçonneur dans une cabine vitrée, pour éviter qu'il s'enrhume avec les courants d'air, près de la porte du fond. On pouvait monter soit devant soit par l'arrière du bus.

Donc pour aller chercher ma mère, je prenais le bus d'abord et ensuite je prenais le métro. Tu vas te marrer, mais ce qui me manque le plus de Paris aujourd'hui, c'est cette odeur de métro. Cette odeur bien particulière que tu sentais en descendant les marches avant même d'être dans la station.
Ensuite, tu descendais l'escalier qui menait vers le quai et c'est seulement en bas des marches, juste avant le quai, que tu avais un poinçonneur. Tu lui donnais ton ticket et il te le rendait avec un joli petit trou. Il n'y avait pas de tourniquets automatiques ni de portes hydrauliques en haut de la station. Il y avait une cabine en verre où les agents vendent les tickets. Et suivant les stations, en face des la guitoune en verre, il y avait un appareil avec plein de boutons, un écran sur lequel il y avait le plan de métro et à chaque station du plan, un point lumineux. Tu appuyais sur le bouton qui correspond à la station où tu dois aller et ton parcours s'allumait, avec une couleur différente pour chaque ligne de métro que tu dois emprunter, pour bien voir les correspondances. Je trouvais ça marrant. Ensuite, quand tu étais sur le quai, au milieu il y avait un chef de quai dans sa petite cabine, il était là pour surveiller le quai en cas d'incidents, d'accidents, pour renseigner ou pour aider les gens.
Un autre truc marrant qui à disparu, c'est les distributeurs de chewing-gums et de bonbons qui était sur les quais comme les distributeurs de barres chocolatées. En principe, il y avait un appareil à gauche de la cabine du chef de quai et un autre à droite. Le seul souci, c'est que quand un distributeur t'avalait ta pièce, tu allais te plaindre au chef de quai ou au chef de station en haut. Il te prenait tes coordonnées et te disait qu'on allait te rembourser par courrier. Et quelques fois, deux ou trois mois après tu recevais l'équivalent de la somme que tu avais dépensée. Mais pas par un chèque, un mandat ou même en ticket de métro, non en timbres poste.



En allant chercher ma mère, je partais toujours un peu plus tôt, pour pouvoir descendre en chemin, aller m'asseoir sur un de ces vieux banc en bois peint en rouge foncé qu'il y avait dans les stations, ces stations toutes carrelées de carreaux de faïence blanc. Il m'arrivait de laisser passer deux ou trois métros et de rester à regarder les gens passer, puis je remontais dans le métro suivant, ces vieux métros qui n'existent plus aujourd'hui.
Les métros avec les wagons verts pour les deuxièmes classes et les wagons rouges pour les premières classes, en première ils avaient des banquettes en plastiques rembourrées, alors que nous, en seconde, on avait des banquettes en bois, mais vernies.

Ce que j'aimais faire aussi, c'était de passer d'une voiture à l'autre. Les portes entre les wagons n'étaient pas fermées, du coup quand t'en avait assez de regarder toujours les mêmes têtes dans ton wagon, tu passais dans l'autre juste à coté. En évitant bien sûr celui des premières, car le tarif n'était pas le même et les contrôleurs passaient très souvent. Les tickets avaient des couleurs différentes suivant leur tarif. Ensuite, bus et métro se sont modernisés de plus en plus. J'étais sur la ligne neuf et on a eu de la chance, on a été dans les derniers à avoir les nouveaux métros. Des métros qui nous secouaient plus, avec des banquettes confortables aussi bien en seconde qu'en première classe. Plus question de passer d'un wagon à l'autre. Des métros silencieux depuis qui roulent sur des pneus. Oui les anciens étaient comme les trains, avec des roues en acier. La nostalgie fait que je les trouve moins bien.

Remarque, je vais finir par penser que je suis vieux, comme je te disais tout à l'heure, j'ai connu les poulets quand ils avaient des képis. D'ailleurs, c'est dommage, un mois après m'être fait tatouer sur le bras, une tête de mort qui porte un képi, pour changer du traditionnel mort aux vaches, les flics se sont mis à porter des casquettes, ces cons là !



Ma première année de collège s'est terminé dans le folklore de cette fabuleuse année de 1968.



La chance que j'ai eu l'année d'après, c'est d'aller au collège dans Paris, pour la plus grande joie de mes narines, je pouvais prendre le métro tout les jours. Cette année là, je commençais à fumer pas mal et à l'époque, je descendais souvent en cours de chemin pour fumer ma clope le temps que passe un ou deux métros.

On prenait également le métro pour se rendre en groupe à la piscine avec l'école.
Elle était fantastique. Pour se changer on allait soit au premier, soit au second étage, car tout le tour du bassin il y avait de grands balcons, qui nous permettaient de regarder les gens se baigner. Sur ces mêmes balcons il y avait les cabines individuelles dans lesquelles on laissait nos vêtements. Les profs de l'école nous avaient demandés de se mettre à deux par cabine, et ça, j'ai adoré.

Surtout quand ma petite copine du moment m'a proposé de partager la sienne. Je crois que c'est les meilleurs souvenirs que j'ai de cette année là.



Puis je suis revenu dans un autre collège de Montreuil l'année suivante. Un collège qui était encerclé par les vergers et les petits chemins où les voitures ne pouvaient pas entrer. Ils faisaient à peine plus d'un mètre et demi de large, et se croisaient les uns les autres tout les cent mètres. C'était un vrai labyrinthe, chaque verger avait ses quatre murs de plâtre, qui eux mêmes étaient bordés par un chemin.
On pouvait prendre un chemin différent presque chaque jour pour se rendre de l'école à la maison. Un de ces chemin menait à un terrain vague où il y avait un petit étang. J'allais souvent au bord de ce petit lac et cette année là la ville de Montreuil avait décider de construire un autre collège pas très loin du notre et d'assécher l'étang. Avec un copain on est allé voir et je dois dire qu'on à été bien étonnés en voyant les quatorze épaves de voitures volées qui avaient été sorties de la vase et entassées sur la berge. Puis le chantier à grossi et un joli collège tout neuf est sorti de terre, au détriment des vergers alentours qui ont disparu.



J'ai fini mes études à Montreuil sauf la dernière année de ma scolarité. Enfin quand je dis la dernière année, c'est un bien grand mot. J'étais tellement studieux à l'école et çà m'intéressait tellement que mes parents, ne sachant plus quoi faire de moi, ont décidé de me mettre dans une école de comptabilité.

Alors je suis allé dans cette fameuse école pendant au moins un mois, puis l'envie se faisait de plus en plus rare, je décide de ne plus y aller.
Bien sûr j'avais oublié de mettre mes parents au courant de mes intentions. Tout se passait bien, quand un jour je rentre à la maison, mon père me demande si tout va bien à l'école, je lui dis que oui. A ce moment là, j'ai pris une baigne ! Et mon père me dis : « Tu te fouts de moi, y a trois mois qu'ils t'ont pas vu à l'école ». En effet, j'étais passé en conseil de discipline et ils avaient décidé de m'exclure définitivement de l'école. Mes parents étaient fous de rage et moi soulagé sachant que quelques jours plus tard j'allais avoir seize ans. Pour moi le calvaire allait s'arrêter.



Mes parents qui avaient une petite maison de campagne, ont décidé de m'y envoyer pour que je cesse d'une part de voir mes copains qui auraient eu soit disant une très mauvaise influence sur moi d'une part, et d'autre part puisque je ne voulais rien foutre à l'école, pour que je travaille afin de gagner un peu d'argent. Et n'ayant aucune spécialité c'était certainement pour que je bouffe aussi un peu de vache enragée.
C'est à ce moment là, que je suis rentré dans une fromagerie pour travailler à la chaîne.

C'était pas très passionnant, mais j'étais quand même content, car d'une, j'allais plus à l'école et ça c'était un vrai bonheur et de deux, je gagnais un peu de fric.



L'ambiance était bonne car on était une équipe de jeunes, les plus vieux de notre chaîne devait avoir vingt cinq ans à tout casser. L'avantage d'une équipe jeune, se voyait surtout le mercredi. Nous pouvions quitter quand l'ensemble de nos fromages étaient retournés et remis sous presse. Alors le mercredi plus que les autres jours, on fonçait comme des malades et c'est en cinq heures que le boulot prévu pour sept était fini. De ce fait à dix heures du matin tu voyais notre équipe se balader au marché, la journée de boulot était fini. C'est un peu après que la direction nous a rajouté quelques tonnes de fromages en se disant que nous arriverions à les retourner en sept heures. C'en était fini du marché le mercredi, il fallait foncer tout les jours pour finir juste à l'heure et bien fatigués.




Mais heureusement, à cette époque à la campagne, les week-ends il y avait les bals. Je me souviens d'un bal du premier mai, ça tombait en semaine et mes parent n'avaient pas pu venir, ils étaient restés à Montreuil.



Je suis donc parti au bal en plein après midi avec deux de mes potes, Philippe et son cousin Francis. On était en mobylette, il faisait un soleil magnifique, et au bout de quelques bières, il faisait même très chaud. Au point d'avoir du mal à enfourcher nos mobylettes.

La mienne avait le câble d'accélérateur qui était cassé au niveau du guidon. Pour conduire il fallait que je tienne le guidon de la main gauche et que je tire sur le câble de la main droite pour qu'elle avance. Déjà à jeun, c'est pas gagné, alors bourré imagines le bordel. J'étais tellement imbibé, que je me suis vautré au moins trois fois au moment de repartir du bal. Alors mon pote Francis est monté derrière moi, il tenait le guidon et me demandait de tirer sur le câble.






C'est comme çà qu'on est arrivés tant bien que mal chez lui. Il n'y avait personne, nous entrons par le sous sol, il me demande si je veux boire un coup. Il aurait pas dû, comme si c'était le moment de boire, à se moment là ! Je vois une bouteille de Perrier et vu mon état, j'avais soif, mais soif , je prends cette saloperie de bouteille et je commence à boire au goulot, j'arrive environ à la moitié quand mon pote me l'arrache des mains et gueulant, mais ça va pas, t'es malade ! c'est de l'eau de vie ! A peine quelques secondes plus tard, ses parents rentrent. Nous trois, plantés au beau milieu du sous sol, droit comme des i. Ses parents me disent bonjour. Je réponds bonjour messieurs dames, puis ils partent et montent l'escalier qui mène à l'intérieur de leur maison. Ils avaient à peine fermé la porte que je m'écroule comme une merde au milieu du garage. A ce moment là, mes deux potes m'ont hissé vite fait sur ma bécane et m'ont ramené jusque chez moi comme ils ont pu. Je hurlais tellement fort qu'il ne fallait pas prévenir les voisins, que la voisine d'en face est sortie pour venir voir ce qui se passait. Je suis resté trois jours au lit, malade comme un chien.








Heureusement que la fameuse voisine venait de temps en temps pour me donner à manger, me faire du café, me donner à boire, (de l'eau ce coup ci) et surtout pour voir si ça allait bien. Elle à été adorable et mes parents n'ont jamais rien su de cette lamentable histoire.



Le travail à la chaîne, c'était bien, mais c'était quand même pas ma tasse de thé. Et puis il y avait autre chose qui me gênait beaucoup plus, je ne voyais plus mes copains Montreuillois. Alors j'ai fais tout ce qu'il fallait pour revenir travailler à Montreuil.



Coup de chance pour moi, il y avait un bureau d'études à Montreuil, qui possédait un laboratoire de géotechnique qui cherchait un apprenti laborantin. Je me suis présenté et cette belle aventure à durée pendant sept ans. J'allais un peu partout en France, pour faire des prélèvements dans toutes sortes de terrains.






Puis je revenais pour les analyser au labo. Très vite, je suis passé de aide laborantin, à laborantin. Au point de vue boulot ça changeait rien, mais au point de vue salaire, c'était complètement différent. La boite était assez folklorique à l'époque. J'étais avec un vieux bonhomme qui avait au moins cinquante trois ans quand je suis rentré dans la boîte, faut dire que moi j'en avais seize. Et qu'à cet âge là, tout ce qui a plus de quarante ans est déjà vieux. Le chef du personnel était prêt à partir en retraite, une personne qui parlait super fort, avec un accent pieds noir à couper au couteau. Il y avait une section géomètres, leur chef un autre vieux, un roumain avec un de ces accents aussi. Une autre section dessin industriel et routier, avec un chef assez marrant, un type qui s'absentait régulièrement et qui plus le temps passait dans la journée, plus il devenait difficile de le comprendre . Il y avait deux annexes de l'autre coté de la rue, mais notre ami devait confondre avec une troisième annexe qui s'appelait aux trois marches, c'était le café du coin. Il y avait un autre gars qui était tireur de plans, sympa et un peu plus jeune que les autres, mais tout autant folklo.








Je me souviens tous les midis on mangeait tous ensemble, dans le laboratoire, un de ces labos comme tu peux te l'imaginer, tout blanc, tout en carreaux de faïence avec un évier tout les trois mètres, il y en avait quatre dans la pièce, les murs étaient peint en blanc aussi et des grandes baies vitrées toutes en verre cathédrale sur la longueur totale du labo. On mangeait sur la paillasse puis une fois le repas fini, pour digérer, si ce n'est le repas, au moins le litre de rouge que chacun des anciens s'étaient descendu durant le repas, on allait au trois marche, boire un café pour moi et un café arrosé pour mes collègues plus âgés. Le vendredi chacun y allait de sa tournée de digestif, autant te dire que le vendredi après midi était laborieux. Il arrivait que mon chef aille faire un petit somme dans le petit atelier qui était derrière le labo. J'aimais bien cette période de ma vie. A cette époque là, au début je n'avais pas le permis, alors c'est le chef qui m'emmenais en voiture un peu partout en France pour faire nos prélèvements, il était dix fois plus sympa quand on était en déplacement tout les deux loin de la boîte, que quand on était au labo avec les autres.








Ensuite j'ai eu le permis et je partais seul sur mes chantiers. Ça a duré jusqu'à ce que je parte à l'armée. Un peu avant mon départ le chef du personnel est parti à la retraite. Et mon chef de labo devait partir pendant mon service militaire.



Puis je suis parti au mois de juin à l'armée, en Allemagne à Baden Baden, à contre cœur, quasiment à reculons. En effet j'étais antimilitariste, donc c'était pas vraiment la joie pour moi. J'aurais bien été objecteur de conscience, mais une fois ta déclaration faite, il fallait faire seize mois, alors non merci. En arrivant la première chose qui nous a été demandée, c'était de passer à l'habillement. On avait franchement l'air fin avec pour les trois quarts d'entre nous les cheveux longs et habillés en bidasse en attendant que les places se libèrent chez le coiffeur. On avait pas trop le cœur à ça, mais on s'est quand même chopé un bon fou rire.








Puis j'ai fait mes classes à Baden-Oss, c'est là que j'ai appris à faire semblant d'être un homme, en jouant au petit soldat, en écoutant bien ce qu'on te dit, en marchant bien au pas, enfin à être un vrai faux cul pour qu'on te foute la paix jusqu'à la fin de tes classes. C'était juste à côté de Baden Baden, là où il y a une grande caserne, c'était le quartier général des FFA, là on m'a proposé soit d'être dans les bureaux, soit de devenir chauffeur de général. J'adorais conduire et je me suis dis que ce serait peut-être un bon moyen de visiter l'Allemagne pour pas cher. Et en effet, j'ai eu l'occasion de visiter. Ils m'ont nommé chauffeur grand pool, c'est à dire que j'avais pas un général d'attitré, mais quand un gégène avait besoin d'un chauffeur pour plusieurs jours, c'était moi qui le promenait. Je préférais ça que d'être le larbin du même général, de sa bonne femme et des ses gosses, pendant un an. Ça m'a permis de vivre quelques moments inoubliables et d'avoir quelques anecdotes à raconter aujourd'hui.










Je me souviens d'une partie de chasse organisé par le général en chef des FFA. Chacun d'entre nous avait en charge un général, on les amène sur le terrain de chasse. Et pendant qu'il se font plaisir, à gambader dans les bois, nous les chauffeurs on les attend près d'une grosse marmite de vin chaud, qui ne nous avait pas laissés indifférents. Comme il faisait très froid, si si, y a des coins où tu cailles vraiment en Allemagne l'hiver, alors on se réchauffait de plus en plus avec le vin de moins en moins chaud. Puis les vaillants chasseurs sont revenus, ils ont pris un verre de vin et nous en ont offert un, au cas ou on en aurait pas eu, puis on est reparti. Nous nous sommes mis en convoi pour les ramener. Il faisait un froid sec, il gelait, mais il y avait un beau soleil. En rentrant à la caserne, tout au long du chemin, je regarde dans mon rétro et je vois mon pote derrière les phares allumés et les essuies glaces en fonction. Une fois les généraux descendus des voitures, nous on est rentrés au garage. A l'arrivée je vais voir mon camarade et j'ai pas eu le temps de l'ouvrir qu'il me dit, t'as vu un peu ce putain de brouillard.


Avec les autres, on s'est fendus la gueule en lui proposant un chiffon, pour qu'il retire la buée qui était sur son pare-brise et on lui à suggéré une petite sieste.



On a tous des tas d'anecdotes sur notre service militaire, mais bon, je vais pas m'éterniser la dessus.



Si, y a quand même un truc qui est marrant, c'est qu'il a fallu que j'aille à l'armée pour m'écœurer avec des langoustes et du caviar. Oui je sais ça paraît dingue. Il se fait que la moitié des chauffeurs était de permanence à Noël et l'autre moitié au jour de l'an. Donc le soir du réveillon, je ne sais plus lequel, j'étais de la baise, comme on dit. En fin de soirée, une fois le réveillon fini, chacun va rechercher son général pour le raccompagner chez lui. Le mien, c'était un général américain invité à la résidence du général en chef.


Je devais le ramener à son hélicoptère, pour qu'il le ramène à Heidelberg, là-bas il y avait une grosse caserne américaine, mais tout le long du chemin il voulait d'une part, conduire ma magnifique R16 alors qu'il était raide bourré et de l'autre, échanger sa casquette contre mon béret. Autant te dire qu'il n'a eu ni l'un, ni l'autre. Mais c'est qu'il a fallu le pousser au cul pour le hisser dans l'hélico. bon, une fois cette corvée terminée, je rentre au garage ne pensant qu'à une chose, aller dormir enfin. Et là bien sûr le téléphone sonne, on se dit ça y est encore un gégène bourré à ramener. Mais non, c'était le général en chef des FFA qui voulait que tous les chauffeurs montent à sa résidence. On s'est dit, tu va voir qu'ils vont nous demander de tout ranger avant d'aller dormir. J'aime autant te dire qu'on s'est pas pressés pour y aller. On arrive la haut, là il était planté devant une grande table sur laquelle il y avait plein de trucs, il nous attendait. Quand on était tous descendus de nos véhicules, on s'est approchés de lui et là, le général nous dit :

« Vous emmenez tout les seaux qu'on vous a préparés et les bouteilles aussi, il doit plus rien rester ici, vous rentrez au garage, mangez et buvez à ma santé et à celle du contribuable. Il n'y aura plus de mission pour cette nuit, j'ai donné des ordres pour qu'on vous foute la paix. »


Nous :

« à vos ordres mon général et merci. »

Une fois rentré, on se rend compte que ce sont des seaux plein de langoustes, homards, gambas, crevettes, caviar et mayonnaise. Il y avait de quoi manger et boire du blanc du rouge et du champagne pendant plusieurs jours et pour tout les chauffeurs. On ne s'est pas couchés et nous avons passé certainement le réveillon le plus fastueux que nous n'aurons jamais aussi bien en tant que militaire que comme civil.



Le reste de mon temps armée n'a pas été aussi joyeux. Quoique j'ai eu la chance comme prévu de me balader en Allemagne de long en large et en travers, de visiter des coins magnifiques où je n'aurais à mon avis pas l'occasion de revenir de si tôt. J'ai même eu la chance une fois d'emmener un général à Bonn, l'ancienne capitale de l'Allemagne, on est restés une semaine sur place, je le dépose, et je lui dis : « je rentre à Baden mon général ? »


Il me répond : « non vous allez coucher à l'ambassade de France et je vous donne une carte tricolore, c'est un ordre de mission permanent, profitez en pour visiter le coin. »

Alors le soir même je suis allé me balader dans la capitale toute illuminée et j'ai trouvé un petit théâtre où j'ai pu suivre un concert que donnaient des jeunes soldats américains qui chantaient à capella. C'était un vrai bonheur. Le lendemain j'ai pris le volant pour visiter les alentours, puis je suis allé de plus en plus loin pour me remplir les mirettes un maximum, et là où j'ai fait une drôle de bobine, c'est quand j'ai vu la pancarte marquée : Halt Zoll. J'étais à la frontière Hollandaise, je me suis dit c'est pas grave je vais faire demi-tour au poste frontière. Mais là ça s'est compliqué, quand je me suis aperçu que les douaniers étaient hollandais du côté où j'arrivais et allemands de l'autre côté. J'étais en véhicule militaire français en Hollande et je rentrais en Allemagne.




Les Hollandais ont appelé les Allemands qui ont appelé les flics français, qui ont appelé mon général, tout ceci à pris une demie journée pendant laquelle j'ai essayé d'expliquer par où je suis passé et je leurs ai montrer la route où il n'y avait pas de poste frontière, ni panneau. Puis ils m'ont laissé rentrer à l'ambassade. heureusement le général à été super cool avec moi. Il n'y a eu ni sanction, ni punition.



La punition, je l'ai eu, mais pour un tout autre motif. Et je ne parle pas des quelques jours d'arrêt simple, où tu dors en prison, mais où tu continus à vivre normalement la journée. Ça, c'est quand t'as fait une petite connerie. Je ne parle pas non plus du mois d'arrêt de rigueur, où là tu reste en prison jour et nuit, sans cloppe et sans lecture. Sauf quand le chef de poste est sympa, et qui ferme les yeux quand un de tes potes te rends visite.






Non quand je parle de vraie punition, je parle de la forteresse. Cette fameuse forteresse qui est imaginaire d'après le petit bouquin qu'on te donne quand tu es incorporé dans l'armée. Il y est écrit “N'allez pas croire cette légende qui dit que si vous faites une bêtise, l'armé vous jette en prison dans une forteresse. Les forteresses, n'existent pas.”



Personnellement j'étais à Landau, dans une magnifique forteresse du moyen-age. Avec ces magnifiques énormes pierres qui servent de mur. A trois mètres du sol une lucarne avec de magnifiques barreaux. La lumière, c'est pas toi qui gère, l'électricité ne s'allume que de l'extérieur de ta cellule. Si tu veux aller aux toilettes, tu frappes à ta porte et tu attends que le gardien arrive. Il te demande ce que tu veux, puis sans ce presser il va chercher quatre sentinelles armées, puis ouvre ta porte. Ils t'accompagnent aux toilettes, (des toilettes à la turcs qui n'ont pas de porte)là les gardes te tournent le dos. J'ai connu mieux comme endroit. Mais là où j'ai vraiment flippé, c'est quand j'ai entendu le détenu du chiotte à côté de moi me dire :
«Tu es là depuis quand ? »

je lui dis que je viens d'arriver, il me dit :

« bah ! bon courage mon pote ! Moi j'ai tué un gradé dans une bagarre et je suis ici depuis sept ans, et je ne sais pas pour combien de temps. Ici quand on te juge, tu n'assiste pas à ton procès. Et on ne t'annonce pas la sentence. »



Ensuite, les gardes nous ont gentiment priés de nous taire.

Je ne l'ai jamais revu.



Mais j'étais super inquiet. Avant l'armée je faisais de la boxe anglaise, du vô vietnam, du full contact, de la boxe thaïlandaise et quelques autres sports de combat.



Un sergent instructeur d'art martiaux a vu mes licences et voulait absolument que je combatte pour l'armée. Moi qui étais antimilitariste et quasiment insoumis, j'ai toujours refusé.


Mais un soir dans un bar, je me suis retrouvé face à face avec le sergent qui voulait me mettre une branlée, parce que je voulais pas me prendre des coups gratuits pour les beaux yeux des soldats militaire de l'armée. Alors on s'est battu et quelques secondes plus tard, il dormait en boule sur le trottoir. Du moins c'est ce que je croyait. Ensuite la polizeï est arrivée, ils m'ont embarqué, puis remis aux autorités françaises. C'est à ce moment là, que j'ai su qu'il était dans le comma. Ils m'ont emmené direct à la forteresse de Landau.



Donc j'étais là, sans savoir si le sergent allait mieux ou si il était mort, mais je pensais sans arrêt à ce que m'avait dit l'autre détenu. Je m'imaginais finir mes jours ici.



J'ai passé un mois dans ce merveilleux endroit sans avoir aucune nouvelle, sans savoir ce qui m'attendait. Puis un jour le gardien ouvre ma magnifique chambre d'hôte et me dit de préparer mes affaires.




Deux heure plus tard, ,j'étais de nouveaux à Baden-baden dans une cellule qui ma parue plus que confortable. Le sergent allait mieux et avait demandé aucune sanction contre moi. Mais il regrettait juste que je ne veuille toujours pas faire des combats inter-armées.



Puis mon temps d'armée s'est terminé, je suis rentré en France et j'ai repris mon boulot.



Quand je suis revenu de l'armée, tout avait changé dans la société. Avant mon départ pour l'armée le chef du personnel était parti en retraite, à mon retour j'ai appris que mon chef était parti lui aussi, du coup me voilà bombardé chef de laboratoire. Cette expérience a duré pendant trois ans, mais ensuite le patron à décidé de fermer le labo et d'agrandir la section dessin industriel. Alors je me suis retrouvé en formation de dessinateur routier. Je détestais ce job. Pendant plus de deux ans je faisais à peu de chose près le même dessin.








C'était l'autoroute A4 et je faisais les profiles en travers. Donc tout les vingt cinq mètres une coupe. Autant te dire que les dessins sont quasiment tous identiques, à part le fossé qui monte un peu ou qui descend. Ça m'a tellement gavé que j'ai quitté la boite.



Puis je suis rentré dans la grande distribution, dans un magasin d'électroménager qui possède plein de voitures riches en couleurs. Au début je suis rentré au SAV. J'étais derrière un comptoir pour prendre les appareils du petit électroménager en panne, que les techniciens avaient en charge de réparer.



C'était pas loin de chez toi, c'était à Asnières. C'est marrant parce que j'habitais Montreuil, et je bossais dans une banlieue opposée à la mienne. A l'époque j'étais toujours fourré dans ton coin. Je bossais là bas, mais en plus j'avais plein de potes qui étaient vers chez toi.
Une bonne partie de mes copains de Sézanne dans la Marne étaient boulangers à ce moment là, quatre d'entre eux travaillaient dans le seizième dont un qui habitait à Levallois, route d'Asnières et quelques autres rue du bac d'Asnières. Et ils allaient dans un petit rade qui était à l'angle du pont d'Asnières coté Levallois. C'est d'ailleurs, dans se petit café, Le Brazza que ça s'appelait. Le café était aux parents d'un de mes copains. C'est là que j'ai fait la connaissance de pas mal de mes copains de l'époque. Dont certains qui sont devenus des amis. L'un d'entre eux habite maintenant lui aussi à Carhaix. Je me souviens à ce moment là, on allait manger presque tout les vendredis soir, un couscous dans un restaurant qui s'appelait La Montagne à Levallois Perret, près de l'usine Fiat, pas loin de la Seine. On se réunissait tous au Brazza, on prenait un petit apéro, le temps que tout le monde arrive, ensuite on allait au resto. Il était fréquent qu'on soit une bonne quinzaine à table.


On faisait ça le vendredi soir, comme çà, on avait tout le week-end pour se remettre de nos émotions, enfin pour ceux qui ne bossaient pas le samedi, voire le dimanche.



Le Lundi, je retournai à Asnières, pour allez bosser. C'était pas vraiment de tout repos, d'entendre les gens se plaindre du matin au soir. Ils passaient leur temps à m'engueuler. comme pour se défouler, à croire que j'étais responsable personnellement du fait qu'ils avaient acheté une daube. Mais heureusement on avait de bons moments aussi. Je me souviens d'une des filles qui était à l'accueil téléphonique. Elle prenait les rendez-vous pour les techniciens télé, ceux qui allaient en clientèle, ce qui nous à valu quelques fous rires, elle devait être très distraite quand elle à noté ce jour là comme adresse d'un client à la place de rue Pablo Picasso, la rue tableau Picasso par exemple. Parfois c'était le client qui nous amusait, une fois l'un d'entre eux arrive au comptoir avec une écharpe jaune à la main et il me dit :

« je vous rapporte ceci, ce n'est ni à moi, ni à l'amant de ma femme, alors j'en déduis que c'est à votre technicien. »




Je me souviens aussi une fois ou j'étais de permanence un dimanche, nous avions fêté le départ à l'armée d'un de mes potes la veille et en sortant de boîte de nuit j'ai ramené un copain chez lui, ensuite j'avais tout juste le temps de filer directement au boulot. Je ne me pose pas de question, j'y vais directement, en plus, c'est moi qui avait les clefs du service après vente. Je passe chercher ma collègue au passage et nous arrivons juste à l'heure pour ouvrir. A ce moment là ma collègue mes dis de mettre deux trois cartons par terre derrière, dans l'atelier, que je serais mieux et que ce serait plus confortable que par terre pour dormir un peu. Il faut dire que j'avais l'haleine d'un chacal qui aurait sucé une belette toute la nuit et l'œil plus vitreux qu'un poisson pourri. Donc je l'écoute et je ne me suis pas fais prier pour aller roupiller un peu. Puis quelques heures plus tard, mes potes viennent me rendre visite au boulot. Ma collègue me réveille, on discute un peu et mes copains me disent attends on revient, ils vont à leur voiture et reviennent avec un sac plastique.




Ils l'ouvrent et là, surprise ! Ils avaient ramené une bouteille de rhum. Moi qui n'étais plus trop étanche, je bois qu'une petite gorgée, mais ma collègue qui trouvait çà très bon s'est enfilée une bonne rasade, puis une deuxième, puis une troisième.

Ensuite, bah ! Je suis allé la coucher gentiment dans mes jolis cartons bien chauds, puis j'ai fini la permanence tout seul, avant de la ramener chez elle défoncée comme un terrain de manœuvre.

Heureusement ce dimanche là, nous n'avons eu que deux clients en tout dans la journée.



Autant te dire que le lendemain, le lundi, elle n'était plus très fraîche. Elle avait à son tour une gueule de merlan frit.



Ensuite j'ai vendu un peu d'accessoires pour ce Service Après Vente toujours à Asnières, c'était déjà beaucoup plus cool que de prendre les appareils en panne, les engueulades et insultes en tout genre qui vont avec.




Puis j'ai changé de service après vente. Je suis allé à la Défense, pour l'inauguration d'un nouveau magasin dans le centre commercial des quatre temps.

La petite anecdote, c'est que ce jour là, j'étais seul derrière le comptoir d'accessoires qui nous servait aussi à prendre les appareils en panne. On servait les gens, mais personne n'avait le droit de rentrer dans le local. Quand à un moment je vois un petit bonhomme cheveux gris, moustache grise, dans un imperméable gris, genre la gabardine de Colombo, qui pousse la porte sans dire un mot, qui regarde en haut, en bas, à droite et à gauche, comme si il visitait et qui se promène au milieu de mes accessoires, entre les sacs d'aspirateurs et les soupapes de cocotte minute. Je le vois qui me regarde et qui ne dit rien, juste un petit sourire, je hurle « DEHORS ! » Il ne dit rien, se dirige vers la porte et ressort comme il était venu, puis il vient me voir du bon côté du comptoir et me dit : « Vous avez bien fait de me faire sortir, j'aurais mieux fait de m'annoncer avant, je suis Marcel Darty et je viens voir comment notre nouveau magasin d'accessoires est agencé.






Je n'ai pas eu le temps de bien le voir, mais ce que je sais, c'est qu'il est bien gardé. »



C'est seulement à ce moment que je lui ai dis : « Bah, entrez donc, faites comme chez vous. » Il a souri, m'a demandé mon nom, puis il est parti pour rejoindre tout un tas de gens qui étaient venu pour l'inauguration. Ensuite quand ils sont tous revenus ensemble, il m'a présenté comme si nous nous connaissions de longue date.



Ensuite j'ai de nouveau changé de service après vente, je suis arrivé en plein cœur de Paris, j'étais à Belleville, au métro couronne, dans un quartier haut en couleurs. Le magasin se trouvait juste en face du marché qui allait jusqu'à Belleville , à notre droite il y avait le quartier Africain, à gauche le quartier Arabe, sur le trottoir d'en face c'était le Juifs, un peu plus loin commençaient à s'installer les Asiatiques, en remontant vers Ménilmontant il y avait une forte concentration de Pakistanais et en redescendant notre rue, il y avait les Portugais et juste en face les espagnols.
J'aimais bien ce quartier, ses couleurs, ses odeurs, c'était super vivant, tu pouvais voyager et manger chaque jour dans un pays différent. Je déjeunais à l'époque dans un petit restaurant tous les midis ou presque. Oui, la serveuse était très accueillante et elle m'apprenait à parler sa langue. Je veux dire qu'elle m'apprenait à parler le Kabyle et son mari m'apprenait à jouer de la guitare berbère. Parfois avec un des videurs du magasin, on allait manger le couscous juste à côté chez Ahmed, une petit restaurant algérien, un vrai bonheur. Oui il y avait des videurs dans le magasin, il faut dire que le quartier était quand même assez chaud. C'est l'endroit ou se mélangent toutes les ethnies et toutes les religions où les gens se supportent, mais le moindre prétexte est bon pour déclencher un conflit. Ces souvent dans le magasin qu'avaient lieu des bagarres, c'est pour ça qu'on avait des videurs. Il y en avait cinq et chacun d'un pays différent, ce qui facilite le dialogue en cas de problème. Ils s'entraînaient dans une salle juste à coté du magasin, ce qui était bien pratique pour moi, je pouvais m'entraîner avec eux.


A cette époque je pratiquais toujours quelques sports de combat. Tous les soirs j'avais mes quatre heures d'entraînement, mais il m'arrivait parfois le midi d'aller soit à la piscine, soit de pratiquer un peu de close combat avec mes amis. Mais j'aimais aussi beaucoup aller au restaurant, il faut dire que je commençais à parler un peu l'arabe et aussi un peu le kabyle grâce à la langue de ma copine.



Mais revenons au magasin, au début j'étais avec Edith, une petite bonne femme qui avait un sacré caractère. Un amour, nous nous entendions à merveille, malgré les trente trois ans qui nous séparaient. Puis la société a créé une filiale, qui ne prenais plus les appareils en panne et qui ne ferait que de la vente d'accessoires, à ce moment est venu nous rendre visite le patron de cette filiale et on m'a proposé de devenir responsable d'une boutique d'accessoires, ce que j'ai accepté aussitôt. Plus de gens qui viennent se plaindre d'être en panne, mais uniquement des acheteurs potentiels, plus de gens qui viennent te demander d'être remboursés, mais des gens qui viennent pour dépenser leur argent, le bonheur quoi.


Le fait d'avoir comme clients des gens de tous horizons, parfois nous a fait éclater de rire, du fait de leur accent. Non pas que je soit moqueur, quoi que ! mais parfois la sonorité de la langue prête à confusion.

Une fois, un client viens me voir au comptoir et je crois qu'il me dit :

« bijour missieu, je cherche une cachette pour la bitte à Max ! »

c'est du moins ce que j'ai compris et je voyais pas très bien ce que je pouvais faire pour lui, je le fais répéter, mais il me dis la même chose, alors j'appelle ma vendeuse, des fois qu'elle le comprendrait mieux que moi et je lui dit d'écouter, je fais encore répéter mon client, qui me dit exactement la même chose. Ma vendeuse lui dit : « Excusez-moi ! » puis elle va dans l'arrière boutique pour s'éclater de rire, pendant que je me débattait pour essayer de comprendre, se que ce brave homme voulait.

Il me montre les cassettes vidéo, il y avait trois sortes de cassettes à l'époque, le V2000, le VHS et le BETAMAX.




Alors avec mon doigt montre à mon tour les cassettes une par une, rayon VHS pas de réaction, rayon V2000 pas plus, arrive le rayon BETAMAX et là notre bonhomme s'agite et me fait signe que c'est bien ce qu'il veux. Et c'est à ce moment que j'ai compris ce qu'il m'avait dit et qui n'étais pas du tout, bonjour monsieur, je cherche une cachette pour la bitte à Max, mais, bonjour monsieur, je cherche une cassette de type Bétamax. Comme quoi l'accent quelque fois peu changer beaucoup de choses. Ceci dit, j'aimerais parler sa langue comme il parle la mienne.

Je lui ai vendu sa cassette et il est parti. Mais on en a parlé pendent longtemps.



Ce magasin de Belleville avait vraiment quelque chose de spécial, les gens y sont excessifs parfois en bien parfois en mal. Je me souvient d'une mère Juive pied noir comme on se l'imagine dans une caricature, un accent à couper au couteau, elle était exactement comme madame Sarfati que jouait Elie Kakou, elle arrive au comptoir et me dit :
« bonjour mon fils, je voudrais une soupape de cocotte minute, s'il te plaît »

Moi : « Bonjour madame, c'est une SEB ou une MOULINEX ? »

Elle : « Donnes-moi la moi cher »

Moi : « non, l'une se monte pas à la place de l'autre »

Elle : « si c'est pas la bonne tu me la changeras »

Moi : « si vous n'avez pas ouvert le paquet, comme on voit au travers c'est facile »

Elle : « d'accord, tu me fais un prix hein ! »

Moi : « non, ça fait cinq francs »

Elle : « allez, fais-moi un prix et viens me la changer à la maison, mon fils, que dieu te bénisse ! »




Moi : « non, d'une j'ai pas le droit de changer les prix à la tête du client, d'autre je vends les articles, mais je ne vais pas les installer à domicile. »

Elle : « allez, soit gentil mon fils ! »

Moi : « non madame »

Elle : « allez vas ! je te souhaite un cancer et que dieu te crève les yeux »

Moi : « au revoir madame » Et elle est parti en colère et en hurlant, pendant ce temps il y avait une file d'attente d'au moins quinze personnes qui étaient toutes énervé, certainement en ce disant que si chaque personne devant elle met autant de temps ça allait être très long.

Et parfois c'était l'inverse, les gens étaient adorables.




Une fois un Pakistanais vient pour me donner sa montre à réparer, je remplis le bon pour qu'il la récupère dans quelques jours. Sur les bons il y à des cases pour écrire les lettres du nom de chacun. L'homme parlait à peine le français, je lui demande son nom, il me le dit, je lui fait répéter, il me le dit à nouveau, je lui tends la feuille pour qu'il l'écrive, il commence à remplir les cases puis attaque la ligne du dessous. Je reprends la feuille et je la regarde avec un sourire, il y avait quinze case pour le nom et là, je lis : « NHAADHAARHAHJHAAPPHOUHLHAILLE ». Il avait plus de lettres dans son nom que moi dans mon alphabet. Il me regarde et me dit avec le sourire : « Prénom ? », je lui ai dit que non, j'avais pas beaucoup de clients avec le même nom que lui. Quelques jours plus tard, le client revient chercher sa montre, je prends sa fiche et je lui dis : « Bonjour monsieur, NHAADHAARHAHJHAAPPHOUHLHAILLE votre montre est prête ». J'ai essayé de lire son nom et l'homme s'est marré, il a pris sa montre, il a payé et il est parti.

Le lendemain je le vois revenir avec un paquet, il essaie de m'expliquer que c'est pour moi, c'était un gâteau pakistanais qu'il avait fait parce que la réparation était rapide et qu'il était très content de l'accueil que je lui avais fait.




J'étais bien dans ce magasin, il y avait une chaleur que j'ai jamais retrouvé ailleurs.



Ensuite j'ai quitté Belleville pour aller à Noisy-le-grand, toujours comme responsable boutique. Mais c'était plus pareil, j'étais dans un centre commercial et là les gens sont différents, il habitent dans ces cités dortoir et en bas de chez eux on a enfoui sous terre, à la lumière artificielle des galeries avec des boutiques et des grands magasins plein de lumière, pour leur faire croire que la vie est festive et pendant ce temps là, ils ne sortent pas de leur ghetto. Ces centre commerciaux bien souvent construits à l'écart des petites villes bourgeoises, mais quand même sur leur territoire pour que le centre commercial porte leur nom. Les gens qui y viennent sont la bas les mêmes qu'ailleurs, mais il n'y a plus ses couleurs et cette chaleur humaine, ils sont tristes et font tous la gueule, ils sont comme des robots ou des zombies à croire qu'ils ont été anesthésiés et aseptisés, il n'y a pas comme dans la rue les odeurs. Tu vois ce que je veux dire, ça sent si bon quand tu passe devant une épicerie arabe, là le mot épicerie prend toute sa valeur, car les épices tu les sens vraiment, un vrai bonheur.




Dans les centres commerciaux, les seules odeurs que tu trouves, c'est celles des parfumeries qui empestent la galerie. A Noisy-le-grand, le seul endroit de la galerie qui me paraissait vraiment humain, c'est chez Chen, mon ami Chinois qui tenait le resto du premier avec sa femme. Je dis mon ami parce que j'y étais comme chez moi. Au début j'étais comme tout ses clients, sauf que je venait manger vers 15h00 une fois que les gens qui se promènent le midi dans les magasins sont partis. Je déjeunais chez Chen tous les midis, j'adore manger Chinois. Mais le fait que je vienne tard chez eux ne les arrangeaient pas, c'est l'heure où eux aussi aimeraient manger et fermer le restaurant pour se reposer avant d'ouvrir de nouveau pour le repas du soir. A force d'y aller tous les jours, on a sympathisé, lui voulait m'apprendre le mandarin et elle le cantonais. Ils ne parlaient pas le même chinois. Une fois j'ai demandé si le cuisinier était Cantonais ou Mandarin et Chen qui est très joueur me dit non il est Français. Quel Blagueur ce Chen ! mais bon je me suis quand même fais avoir, on à fait un pari sur sa nationalité que je devais trouvée, il était d'aspect Asiatique, alors j'ai dis tout les pays d'Asie que je connais.






Il a sorti sa carte d'identité et là j'ai vu nationalité Espagnol, né à Macao, j'ai perdu mon pari, j'aurais jamais en le voyant soupçonné qu'il était Espagnol. Pour le restaurant ils avaient trouvé le truc qui nous arrangeait tous, je passais par derrière pour rentrer dans le resto et je mangeais avec eux en cuisine. Et là, je mangeais pas des plats pour les touristes, mais de la cuisine traditionnelle chinoise qu'on ne sert pas en salle. Des plats parfois où l'aspect te donne quelques inquiétudes mais le fait qu'on le mange ensemble me rassurais, et j'ai jamais été déçu, bien au contraire. Donc tous les jours je mangeais avec eux jusqu'à ce que je quitte mon boulot. C'était un bon moment de détente avant de reprendre le TAF. Je suis resté sept ans dans la boite.



Puis un jour des gens d'un des magasins du niveau au dessus du notre sont venus me voir, pour me proposer de devenir responsable de magasin, plutôt que responsable d'une boutique dans un magasin. Et le salaire qu'ils me proposaient était très alléchant. J'ai demandé à ma société si ils pouvait me proposer mieux que ce qu'on me proposait, mon chef m'a dit de sauter sur l'occasion, parce que pour avoir le même poste chez eux, il me fallait compter encore au moins dix ans.


J'ai donc quitté cette société où j'étais pourtant très bien pour rentrer dans une autre chaîne de magasins, plus petits mais beaucoup plus nombreux.



A l'époque les magasins de cette marque fleurissaient un peu partout, il y en avait deux cents en France.



Un truc qui peut paraître bien à certains, mais qui m'a un peu gêné au départ, c'est que quelque soit la place que tu auras dans cette société, tu commences comme vendeur et ça pendant trois mois. C'était très gênant pour moi, de croiser les clients qui m'avaient vu la semaine dernière comme responsable boutique, me voir dans le même centre commercial, mais dans un autre magasin, comme vendeur. J'ai donc demandé à changer de centre commercial, ce qui à été accepté. Je suis allé comme vendeur au centre commercial de Rosny deux, pendant qu'on agençait mon futur magasin.



Cette année là, j'étais donc avec un autre vendeur qui était dans le même cas que moi.


C'était la période des fêtes de Noël, il y avait énormément de monde dans le magasin. Certains ont dû en déduire que les caisses étaient pleines car un individu s'approche de mon collègue et lui met un pistolet sur les côtes et lui dit :



« donnes-moi la caisse !»



Et là, je reste sur le cul en voyant mon collègue qui le pousse et qui hurle :



« mais casses-toi, toi ! tu vois bien que je bosse ! »



L'autre était pris de panique et se sauve du magasin en courrant. C'était certainement son premier braquage.



Je vais voir Richard et je lui dis :



« mais qu'est-ce qui t'as pris, t'es malade ! Tu te rends compte que si le gars s'était affolé on risquait d'avoir un vrai carnage ! »



Il me réponds en tremblant :
« Je viens de me rendre compte à l'instant de ce qu'il voulait, sur le coup, j'était dans mon boulot à fonds et j'ai rien vu, à part un mec dans mes jambes et qui me gênait pour bosser. »



Richard est allé se calmer cinq minutes dans la réserve du magasin, puis il est venu me rejoindre et il a travaillé comme si rien ne s'était passé, de nouveau dans la foule du magasin.





Et c'est donc au bout de mes trois mois de pénitence, qu'on vient m'annoncer que mon magasin est terminé et mon responsable venait me remettre les clefs.



Il me dit :

« Demain c'est vendredi on se retrouve devant le magasin qui est rue La Fayette dans le neuvième arrondissement de Paris. Parce que lundi ce sera ton magasin, je t'enverrai un vendeur »

Et pendant trois ans j'ai tenu ce petit magasin.
On vendait tout ce qui est électronique et informatique, du gadget, des montres en passant par le podomètre, le thermomètre ou le baromètre, mais aussi les composants électroniques, les auto-radio, les chaînes Hi-Fi, de la sonorisation, des télévisions, magnétoscopes et bien-sur

des ordinateurs.



C'est à ce moment là que je me suis aperçu qu'une nouvelle passion venait de naître en moi. Je découvrais l'informatique et j'en suis devenu fondu.



Puis cette énorme société américaine à décidée de fermer ses deux cents magasins en France en même pas trois semaines et je me suis donc retrouvé au chômage.



L'informatique que j'avais vendu chez eux, m'avait vraiment ouvert les yeux sur ce qui allait devenir mon futur métier. Aussi bien la construction de mes propres ordinateurs, que la réalisation de petits programmes.
C'est pourquoi étant au chômage, j'ai profité de l'occasion qui m'était offerte pour passer un diplôme d'analyste programmeur.



Et c'est comme ça que je me suis retrouvé à Pierrefittes pendant quinze mois, pour apprendre l'analyse et la programmation.

Le seul Windows qui existait à ce moment là, était loin d'être aussi convivial que celui qu'on connaît maintenant et la grande question était à l'époque, est-ce que Windows est ou sera un jour un système d'exploitation ? il me semble qu'aujourd'hui j'ai la réponse.



L'institut où j'ai appris la programmation m'a permis de faire la connaissance de gens formidables, je pense plus particulièrement à Fabrice, qui est devenu un vrai ami. Qui malheureusement aujourd'hui n'est plus de ce monde, mais avec qui j'ai partagé plein de bonnes choses et d'excellents souvenirs. Je me souviens qu'ensemble nous avons fait quelques virées nocturnes.
On se réunissait chez lui, pour réviser nos cours, il faut dire qu'il avait des facilités, car pour lui c'était de la révision. Il avait été dans le passé analyste programmeur mais sans diplôme, puis il a laissé tout tomber, pour faire du théâtre.

D'ailleurs il voulait absolument m'emmener faire du théâtre aussi et principalement de l'improvisation. Il pensait que j'avais un don pour ça. Mais on ne saura jamais puisque j'y suis pas allé.



Il était donc avec nous pour passer son diplôme et retourner faire de la programmation. Le connaissant, il n'aurait jamais complètement lâché le théâtre. Alors après les cours, on allait réviser chez lui et ensuite, on sortait souvent dans Paris pour aller se détendre. Ils nous arrivait de rentrer au petit jour complètement détendu et largement trop imbibés.



Ce qui n'a empêché ni l'un, ni l'autre, d'obtenir notre diplôme avec une excellente note à l'oral et c'est là que par moment je me dis, qu'il avait peut-être raison pour le théâtre et l'impro.
Toujours est-il que diplôme ou pas, à l'époque le monde du travail n'avait pas besoin d'analystes programmeurs. Comme il fallait manger, j'ai donc complètement oublié l'informatique à ce moment là et j'ai pris le premier job que j'ai trouvé.



Tu vas te marrer, je vendais des bas et des collants aux grandes surfaces et principalement aux soldeurs de la grande distribution. Je partais tous les lundis matins et je rentrais chez moi que le vendredi soir.

Au début j'ai été embauché pour faire la Bretagne. Puis très vite il à fallu que j'aille un peu partout en France. Je passais toutes les semaine à Lyon, que j'aille en Alsace ou en Bretagne, à Maubeuge ou à Nice. Donc pendant trois longues années, je me baladais un peu partout en France. Seul tous les jours de la semaine. Toujours à l'hôtel. Plus de vie de famille, je rentrais chez moi que le week-end. Bien sûr, il y a eu de très bons moments. Chaque fois que j'allais en Vendée je passais voir mon pote Fabrice qui était venu habiter à La Roche sur Yon.


On se faisait une petite fête et c'était pour nous une très bonne soirée et le lendemain je reprenais la route avec ma casquette plombée en forme de mal au crâne. Quand je venais par ici, j'allais manger et je dormais chez la mère d'un copain, elle était dans un petit village du coin à Collorec et lui habitait à Clichy sur seine à l'époque. Il est maintenant revenu chez lui à Carhaix. J'avais des connaissances et des amis un peu partout.

Quand j'allais dans le sud ouest, il m'arrivait de faire un détour de plus de cent cinquante kilomètres pour aller voir mon pote Hervé qui habitait à Bordeaux. Il est maintenant à Perpignan. Je me souviens, à chaque fois que j'allais le voir, on allait manger dans un petit resto Chinois, toujours le même, chez Duong. Le patron est devenu aussi un ami. Quand avec mon copain, le repas s'éternisait un peu, le patron nous disait, je vais me coucher, n'oubliez pas de fermer le restaurant en partant et de mettre les clefs dans ma boîte aux lettres, vous payerez la prochaine fois et il allait se coucher.




Il était vraiment cool. On est devenu tellement copain que nous avons été invités à son mariage. J'ai malheureusement pas réussi à me libérer pour l'occasion, mais mon pote y est allé, il m'a dit qu'il était le seul Français du mariage, on en déduit que Duong nous aimais vraiment beaucoup. Une autre fois à Bordeaux, on se baladait avec mon copain près de la place de la République, quand on a vu des projecteurs, on s'est approché et là, on a assisté au tournage d'un épisode du feuilleton Highlander où ils se battaient à l'épée dans la fontaine publique. Je ne sais pas pourquoi, avec Hervé on s'est regardé et sans se dire un mot, on est entré dans le bassin de la fontaine et on à fait semblant de faire nous aussi un duel à l'épée. Ils ont arrêtés le tournage et nous ont expliqué qu'ils allaient finir la scène sans nous.

Puis je suis rentré à mon hôtel et le lendemain, j'ai encore repris la route.




J'ai fais ce métier pendant trois interminables années, puis j'ai cherché à revenir dans l'informatique. Pour ne plus avoir à faire mes trois mille cinq cents bornes par semaine. Et enfin rentrer chez moi tout les soirs. Oui, je faisais en moyenne trois mille cinq cents kilomètres par semaine, j'étais le meilleur client de la boutique d'accessoire du centre commercial de mon village c'était dans l'Oise à ce moment là. Je faisait faire une vidange par quinzaine. J'étais très bien vu par les gens du centre auto. Il n'y avait pas que les vidanges, mais aussi les plaquettes de freins, les pneus, les ampoules, les filtres à air, à gasoil et à huile. Bref, ils gagnaient beaucoup d'argent grâce à moi.



Je voulais donc revenir dans l'informatique, mais n'ayant pas programmé pendant ces trois dernières années, il n'était plus question de revendiquer mon diplôme. Bien que je suis resté à cette époque à m'informer sur la technologie, j'avais le temps de lire les revues spécialisées, avec mon boulot. Et une fois chez moi, je pratiquais énormément. De ce fait, j'ai cherché une place de technicien de maintenance en informatique.






Je me suis inscris dans une boite d'intérim spécialisée dans l'informatique sur Paris.



C'est alors qu'il m'ont trouvé une place à Roissy en France. Dans une grosse société d'assemblage de PC et de serveurs. Comme technicien de maintenance.



Je suis arrivé un jeudi dans la boîte, dans l'équipe du matin, on m'a demandé si je préférais le matin, l'après-midi ou la nuit, parce qu'une fois qu'on fait partie d'une équipe, on ne change pas. J'ai donc choisi le matin, car ça ne me gêne pas de me lever de bonne heure, et j'aime pas quitter tard. Un des techniciens de l'équipe m'apprends le boulot et reste avec moi toute la journée du jeudi, le vendredi le chef de secteur me convoque dans son bureau.

Je me dis que ma façon de bosser ne lui plaît pas et qu'il va m'annoncer que je finis ce soir. Mais pas du tout, il m'annonce qu'au contraire il aime ma façon de bosser, et qu'il à vu mon CV qui lui a beaucoup plu.
Il me dit aussi que le chef de l'équipe du matin dont je fais partie, va prendre ses vacances et qu'à son retour, il prend un congé sans solde d'un an pour devenir photographe et va certainement quitté son emploi au sein de cette société. Il pense que je suis le mieux qualifié pour le remplacer. J'ai accepté la place de chef d'équipe du matin, sachant que je n'allais pas me faire que des copains parmi les gens qui me forment depuis deux jours, alors qu'ils savaient depuis un moment que leur chef partait, certains d'entre eux espéraient bien prendre cette place. Puis avec le temps ils se sont rendu compte que j'étais pas pistonné et que je faisait mon boulot le plus justement possible. Je suis resté à cette place durant trois ans. Jusqu'à ce que la société se restructure et décide de se séparer de ses trois chefs d'équipes et de son chef de secteur en même temps. Du coup je me suis de nouveau retrouvé licencié économique.

J'ai téléphoné à la boîte d'intérim, le vendredi, le lundi je commençais dans une autre société cette fois dans Paris, près de la porte de Champeret.

J'étais de nouveau technicien de maintenance informatique, mais cette fois au lieu d'être en atelier, j'avais une voiture et j'allais chez les clients, principalement des comptables.


J'ai donc encore une fois appelé ma boîte d'intérim préférée, qui m'a trouvé un excellent job. J'étais technicien de maintenance informatique pour une société qui sous traitait avec le ministère des affaires étrangères. Il fallait régler tous les problèmes informatiques des utilisateurs, que ce soit logiciel ou matériel et il y avait beaucoup de machines à maintenir.

C'est le genre de clients qui se marre que quand ils se brûlent, mais bon, il faut bien manger. En moins de trois mois, le société m'a proposé de m'embaucher donc fini l'intérim.

J'ai accepté de bosser pour eux car en plus du monde PC et serveurs, il y avait la maintenance des imprimantes et autre chose, en plus de Windows NT, j'allais pouvoir apprendre Unix et VMS. Donc enrichir mes connaissances un maximum et ça c'est toujours bon à prendre.

Je suis aussi resté trois ans dans cette société, que j'ai quitté ensuite, d'une part parce que j'apprenais plus rien et d'autre part, à cause de l'ambiance pourrie qui y régnait.




Je prenais mon petit métro tout les jours, qui sentait toujours aussi bon, pour aller dans le douzième arrondissement de Paris. Près de la gare de Lyon. Ce qui me choquait au début c'est le silence qui peut y avoir dans les bureaux. Pas un mot plus haut que l'autre jamais. Les gens qui travaillent sont nombreux, mais ils ne font pas de bruit, par moment t'as l'impression d'être seul dans les étages. Ce qui m'impressionnait aussi c'est ce contraste qu'il y a entre ces bureaux calmes et assez luxueux avec des gens bien polis et les gens du quartier. Ils faut dire que la place qui est derrière la gare de Lyon était remplie de clochards et dans la gare, il y a toujours quelques loubards qui traînent. Mais j'aimais bien ce quartier, le midi je pouvais aller me balader rue Montgallet, dans le quartier il y avait la plupart des importateurs chinois de matos informatique alors pour mes petites bidouilles perso, c'était l'idéal.



Puis le ministère à décidé de changer de sous traitants, alors une fois de plus je me suis retrouvé au chômage.


Puis sont arrivé des événements familiaux insupportables et est arrivée une période de ma vie des plus difficile à vivre. N'ayant plus beaucoup de raisons pour rester sur Paname. J'avais envie de fuir cette endroit maudit.



Alors je suis venu m'installer en Bretagne. Mais pas n'importe où, en plein centre. Il faut dire que mon pote de Clichy dont la mère m'hébergeait quand je vendais des collant, avait lui aussi quitté la région parisienne, pour venir s'installer à Carhaix.




Nous étions venu plusieurs fois le voir, dont une fois à Pâques, il faisait un temps magnifique, il faisait chaud, je m'étais rasé le crane complètement et la petite erreur que j'ai commis, c'est de passer l'après-midi à bavarder avec lui en plein soleil. J'avais pris un coup de soleil sur le sommet du crâne, on aurait dit un homard.




Le fait de venir le voir plusieurs fois, nous à donné envie de rester à ici. Pourquoi Carhaix ? C'est simple, mes parents sont à Paimpol et mes beaux parents à Perros-Guirec et j'ai un autre pote à côté de Lorient. Avec un oncle à moins de dix kilomètres de la maison et mon pote sur place, dans Carhaix même. Je ne pouvais pas me sentir seul en Bretagne.



Cette merveilleuse Bretagne.



Heureusement en arrivant ici j'ai trouvé du boulot. Pas dans l'informatique, mais en usine comme ouvrier, encore une fois, il faut bien manger. Le fait de trouver tout de suite du travail m'a permis de penser que tout allait aller mieux.



Puis je me suis vautré comme une merde dans mon escalier, ce qui m'a valu de me casser deux côtes. C'est beaucoup moins facile pour aller au TAF. Il a fallu un peu de temps avant de retravailler.



Et oui Monsieur, je suis venu en Bretagne pour tomber sur la côte, Mmmmmoouuuaarrrfff.
Ensuite j'ai trouvé un autre job, toujours en usine, il faut dire qu'ici t'as pas trop le choix. Il n'y a que des usines et principalement d'agroalimentaire. Alors j'ai trouvé un boulot ou je cuisais des coquilles saint Jacques, un vrai bonheur. J'avais la chance d'avoir non seulement le droit, mais l'obligation de goutter les produits pour savoir s'ils étaient bien cuits. Le boulot me plaisait bien, même si par moment il faisait un peu froid, il faut dire que la chambre froide où sont stockés les produits est à moins trente degrés.

Sacré contraste avec la cuisine où on est bien au chaud. De plus l'ambiance était assez sympa, j'étais avec un mec qui avait un an de plus que moi et qui comme moi avait toujours une petite histoire à raconter, une petite blague à faire. La dernière qu'il nous a fait ne m'a pas amusé du tout. Il à fait un A.V.C. et ne s'en est pas remis. On a bossé que neuf mois ensemble mais je l'aimait bien. Sacré Gilbert, sur ce coup là, t'as pas été drôle…


Oui, j'ai bossé que neuf mois dans cette boîte, mais quand ça veut pas, ça veut pas. J'ai été passer une visite médicale, à l'époque j'avais quelques douleurs dans la poitrine. Je profite de l'occasion pour en parler au médecin du travail, qui me dit que je suis apte, mais qu'il va me faire un mot pour les urgences de l'hôpital et que dès que possible il faut que je consulte.



Le lendemain avant d'aller au boulot, je me sentais pas très bien. Je me dis je suis du matin et c'est moi qui commence les cuissons mais qu'en sortant de l'usine en début d'après midi j'irais à l'hosto. Mais une fois à l'usine, j'ai ressenti une grosse douleur dans la poitrine, j'ai pas réussi à continuer à bosser et je suis allé à l'hôpital.

Là, ils m'ont fait quelques examens avant de me dire que je faisais un malaise cardiaque. Après pas mal d'examens, ils ont vu que je faisait aussi de l'emphysème, je suis aller voir le pneumologue de Morlaix qui m'a dit comme le cardiologue de Carhaix, qu'il fallait que j'arrête de fumer.




Le cardiologue à voulu que j'aille à l'hôpital de Brest pour faire des examens plus poussés comme une scintigraphie, mais ne voyant rien de grave, une fois tout ces examens passés, je suis rentré chez moi. Un peu de repos, puis je suis retourné au boulot en pensant que mes petit soucis étaient terminés. Mais de nouveau un malaise cardiaque, là je suis allé de nouveau à Brest, mais cette fois ci, ils m'ont fait une coronarographie et c'est là qu'ils on vu que j'avais une artère du cœur qui s'était écrasée, donc ils m'ont installé un Stent, un petit ressort dans une des artères du cœur. Puis un peu de repos, un traitement à vie, une visite médicale de la médecine du travail qui m'a dit que je pouvais retravailler, mais plus de travail à la chaîne, plus d'efforts physiques, plus de charges lourdes à porter, pas de boulot à plus de deux mètres du sol, pas de travail en températures négatives, pas de cadences intensives, genre travail à la chaîne. Ils voulaient même que je ne conduise plus ma voiture. Enfin autant te dire que pour retrouver du boulot dans la région, c'est pas gagné. Même si avec mon Stent, je suis monté sur ressort.






Alors ayant un peu de temps, je vais aux escargots, il est vrai que la région n'est pas trop sèche. Donc on à la chance d'en trouver un peu et puis point de vue effort, ça va, c'est supportable. Je vais à la pêche, il faut dire qu'en cours d'eau, on a ce qu'il faut, entre le canal et les rivières, c'est un vrai bonheur. Cette année on a mangé un peu de poissons, en effet j'ai fait quelques brochets, une belle perche et nous avons aussi mangé de la truite. Il parait qu'il y a des anguilles et des sandres mais pour le moment je n'en ai pas encore attrapé. Pourtant c'est pas faute de connaître des bon coin, j'ai un pote qui m'a montré chaque coin où il a pris des sandres. Et puis je vais aussi aux champignons, on à la chance d'avoir de belles forêts.



Mais bon, il est évident que je préférerais retravailler. Mais tous ces petits tracas m'ont quand même apporté une chose, c'est l'occasion de ne plus fumer.»



Je me tais enfin pour écouter les cloches de l'église qui tintent de nouveau.






Bigorno attrape sa chope, la porte à se lèvres, et boit son verre quasiment cul sec, paye, le lève et me dit :

« kénavo a wechal adressé à l'assistance (au revoir et à bientôt), il faut que je file, je suis à la bourre, je crois savoir où on s'est vu, mais là j'ai plus le temps! Faudra revenir, hein Maligorn Gouez ! T'es sympa! faut qu'on se r'voit ! allez à plus ! »

Je réponds, « Salut Bigorno et à bientôt ! »

Puis je finis à mon tour ma bière et rentre tranquillement chez moi.

Une fois chez moi, je me suis mis à repenser à cette soirée et en me demandant ce qu'avait bien pu devenir tous mes anciens copains et copines dont je venais de parler à Bigorno, sont-ils heureux, en me disant, comment vivent-ils les uns et les autres ?





Par maligorn gouez - Publié dans : Maligorn Gouez - Communauté : Nouveaux écrivains bretons
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 06:20

 'est alors que le me suis mis devant le clavier de mon ordinateur et que j'ai commencé à chercher sur Internet si je retrouvais de vieilles connaissances ou relations du passé. Certains m'avaient marqué plus que d'autres. Alors je me décide à envoyer un courriel, et effectivement à force de chercher, j'ai retrouvé plusieurs anciens copains et anciennes copines. A mon grand étonnement presque toutes les personnes que j'ai contacté, m'ont fait une acceptation comme amis dans le logiciel de recherche, alors je me décide à les contacter tous. J'ai été étonné de voir qu'il n'a fallu que quelques minutes pour recevoir une réponse à mon E-Mail. Un ancien copain parti il y a quelques années avec sa copine pour vivre en Ecosse, j'avais perdu ses coordonnées et je me demandais souvent ce qu'il était devenu. Enfin de ses nouvelles ! Certains copains ou copines de colonies de vacances, certains anciens copains de régiment, certaines copines de mon quartier, quand j'étais petit à Montreuil et d'autres anciens collègues de travail, dans différentes boites où j'avais bossé. Et même mon premier prof de Judo.



J'ouvre ma boite à lettres et je lis ce mail de Jean Claude.

Bonjour,

je suis Jean-Claude,

je suis un des créateurs de l'activité Judo à Romain Rolland et j'ai été le premier prof de la section RED-STAR Club de Montreuil. Puis Claude, Noël, et Alain se sont succédés comme professeur.

Nous cherchons à retrouver les judokas de cette époque si tu le désires tu peux nous contacter. Nous avons retrouvé José, Patrick, Didier, Bertrand et de nombreux autres.

Nous organisons les 21 mai et 1 juin un W-E de retrouvailles des judokas de cette époque épique.

à bientôt je l'espère

Jean-Claude.






J'avais retrouvé mon professeur de judo, cet homme qui à su partager sa passion et nous donner vraiment envie de faire du judo.

Mais aussi qui à su nous apprendre les règles élémentaires de la vie et ne serait ce que le respect des autres. A tel point que pendant des années je pensais fréquemment à lui, en me demandant parfois ce qu'il était devenu. Je l'avais revu une fois il y environ quinze ans et ce qui est drôle, c'est que c'est lui qui m'avait reconnu, alors que la dernière fois qu'il m'avait vu c'était au club et j'avais à peine dix ans.

Je vais lire le reste de mes courriers et je m'empresse de répondre. J'étais tout excité en voyant les noms des personnes que j'ai connu. Tout étonné pour certains sachant qu'il y en à pour qui ça faisait plus de quarante cinq ans que je n'avait plus de nouvelles. Certains m'ont contacté alors que je me souvenais plus ni de leur nom ni de leur tête, mais en quelque lignes toutes ces parties de ma vie ce sont d'un coup réveillées.




Un message de Jocelyne, mon ex voisine de palier

Bonjour Serge,

Te voici donc aujourd'hui breton d'adoption.

Pour ma part je n'ai pas souhaité plus que ça quitter la région parisienne, mon voyage c'est donc arrêté au département voisin de celui de notre enfance. Je travaille toujours, depuis maintenant 34 ans et je m'éclate dans mon boulot de cadre chargé de l'administration de la paie. Je me souviens de nos nombreuses parties de jeux de société dans l'escalier avec Christian qui malheureusement nous a quitté trop tôt.

Tes parents sont-ils toujours dans leur maison de campagne ou t'ont ils rejoint en Bretagne?

Les miens y résident encore aujourd'hui.

J'espère que toute ta petite famille se porte à merveille, et dans l'attente de tes nouvelles je t'adresse une bise du Perreux.

A bientôt Jocelyne.


J'ai tout de suite répondu et quelque jours plus tard, je recevais ceci.

Bonjour mon petit voisin,

Désolée de ne pas être venue plus tôt bavarder un peu avec toi, et surtout de ne pas t'avoir demandé des nouvelles de ta santé. J'ai vu récemment que tu avais mis en ligne de nouvelles photos, et bien je ne t'aurais jamais reconnu si nos chemins s'étaient croisés. Remarque, moi aussi j'ai changé, enfin ...comme tout le monde lol.

Pour moi en ce moment c'est vraiment boulot, dodo. J'ai un travail où je m'éclate mais qui demande beaucoup de mon temps. Aussi ce week-end j'ai pris, au bonheur de mon époux, de bonnes résolutions, fini les journées de 12 à 13 heures de boulot.

Maintenant est-ce que ça va durer, ça c'est pas gagner.

Je te laisse mon MSN et E-mail, je suis souvent connectée la nuit, quand j'ai mes insomnies, comme cette nuit.

A bientôt de tes nouvelles, bises

Jocelyne


Ha Jocelyne !

C'est vrai que c'était ma voisine de palier dans l'immeuble, c'était la fille du gardien, quand j'étais tout petit on jouait tout le temps ensemble, mon père nous emmenait à la piscine et je me souviens qu'on lui cassait les oreilles à chanter à tue tête dans la voiture tout le long du chemin.

Dès que mes devoirs étaient finis, je fonçais la chercher pour aller jouer dans l'escalier. Il y avait tout en bas de l'escalier une sorte de palier qui nous servait de salle de jeu.





En lisant ses messages, plein de souvenirs me reviennent, c'est génial.


Le message suivant,

Un mail de Karim



Salut C'est Karim

Quelle surprise, quelques 35 ans + tard,

quelques souvenirs reviennent.

Karim



Et là bizarrement, moi je n'ai aucun souvenir de Karim, mais je vais lui écrire pour lui demander où on s'est connu et quand.



Puis celui-ci, de jean Bernard

Salut mon loulou

Désolé de ne pas t'avoir rappelé plus tôt mais je suis parti pour un tournage sur les préparatifs de la course louis Winton cup. Putain tu veux le croire on c'est fait rincer presque tous les jours, alors qu'en temps ordinaire il fait 35° !!!
Racontes moi tout mon loulou que fais-tu? es-tu marié? as-tu des enfants?
enfin ta life quoi depuis 35 ans .

J'ai revu au mois de sept Emma de Marseille ,nous nous sommes jamais quitté depuis Truçy. Elle a divorcé et elle est venu une semaine à Paris car pas le moral.

Sur ce site tu a d'autres potes et copines de colo
Regardes mes albums photos tu va être surpris notamment dans l'album " souvenirs souvenirs "

@ + sur la toile mon grand
Bizzzz
JB ( dit poilo )




J'ai répondu à son message et quelques minutes plus tard le téléphone sonne, c'était mon Poilo, on est resté plus d'une heure et demie à se raconter nos vies. Il bosse à la télé maintenant et il est super occupé, mais je ne désespère pas de le revoir.

Ce qui est marrant c'est cette impressions de s'être vu la veille alors que la dernière fois que j'ai vu Poilo, je devais avoir quinze ans à tout péter.




Puis un mail de Annie

Bonjour,

Je viens d'aller sur le site et je te reconnais très bien. Et ça serait vraiment super de pouvoir tous se réunir à nouveau.
Je suis en contact avec JB, Pat, Patrick, Emma vit toujours à Marseille.Quant à Christian, je vis avec lui depuis 7 ans et oui le destin est parfois étrange.
Je travaille comme secrétaire et le week-end je suis conseillère en esthétique.
Et toi ? ton parcours ? marié, enfants ?
Moi j'ai une fille de 27 ans (mais pas grand-mère pour le moment). Quant à Christian il a 3 enfants de son mariage avec Nicole (tu t'en souviens ?). Par contre, je n'ai pas de photos de la colonie de vacances. Il faut que je cherche chez ma mère
Dès que j'ai un peu de temps, je te téléphone.


Gros bisous d'Annie de Marseille
Peux-tu m'envoyer des photos
A très bientôt j'espère.

Annie


Annie c'est la petite marseillaise dont je parlais à Bigorno tout à l'heure, cette fille qui avait toujours le sourire, un vrai soleil ! j'ai regardé sur le site il y a des photos et elle à quasiment pas changé, alors que trente cinq ans se sont écoulés depuis qu'on ne s'est vu.




Puis un mail de Pat

bonjour ,

Oui tout cela reste de bons souvenirs.
J'ai des nouvelles de JB qui m'a retrouvé par le biais de ce site
(mais nous nous étions déjà revus, il était venu à la maison il y a pas mal d'années maintenant puis j'ai déménagé)
il m'appelle de temps en temps ou m'envoie des mails et j'ai les coordonnées d'autres copains et copines. Ce serait vraiment super un jour de tous se retrouver comme dit Patrick: "imagines la photo de famille"...

j'ai rencontré mon mari en 1973 on s'est marié en 1976 on a deux enfants

une fille 30ans qui vit à Nantes depuis plusieurs années et mon fils de 24 ans qui est à la maison.

J'aime passionnément mon métier d'artiste peintre (cela faisait partie de mes rêves de jeunesse) et je donne des cours dans un conservatoire et mes collègues sont des amis musiciens.


Je n'ai pas supporté longtemps "métro boulot dodo" les bureaux pas pour moi!!!

Mon père est décédé en 1990 à l'âge de 57ans et j'ai perdu plusieurs personnes de ma famille en 1991, au mois d'août j'ai perdu une cousine la sœur de Catherine (tu te souviens d'elle?). On se voit elle habite à quelques minutes de chez moi .

A part ça bien sur j'ai vieilli comme tout le monde il parait que l'art conserve...
Mais j'ai aussi une autre philosophie de la vie .....
Je fais du Taïchi-Chuan, j'ai deux chats très gentils, bon je vais retourner à mes tableaux car j'ai 3 expos de prévues pour 2009 et peut-être 4. Je vais refaire les albums photos de colos sur ce site.
J'espère que pour toi tout va bien et que tu es heureux, ou vis tu ? es tu marié et as tu des enfants?

tu me donneras de tes nouvelles



bisous

Pat


Patricia est devenue une artiste peintre, ça ne m'étonne pas elle était faite pour ça, toujours rêveuse et amoureuse des animaux. Elle peint beaucoup d'animaux, surtout les chats et les chevaux, c'est avec elle que je suis allé au haras pour la première fois, c'était à Morzine en colo, on adorait faire des balades à cheval ensemble. Elle n'a pas changé non plus, à croire qu'il n'y a que moi qui vieillie, quand je regarde les photos, avec le visages que mes copines ont aujourd'hui, je les aurais croisées dans la rue, je crois que je les aurais reconnues tout de suite. C'est avec Patou que je me baladais au puces de Clignancourt. Je suis allé voir sur le site les photos de colo qu'elle a mise et là je me suis retrouvé d'un coup à l'âge de dix ans en regardant mes copines sur les photos.




Et un mail de Laurence



Bonjour,



je suis la fille d' é dith, Laurence, mais je me souviens bien de toi. Elle vit maintenant dans le loir et cher. Mon père est décédé depuis maintenant 10 ans.Elle vit donc seule et pour le moment elle ne vas pas trop mal . Je vais lui dire que tu m'a écrit. Je pense qu'elle sera contente d'avoir de tes nouvelles. Je te donne les coordonnées de ma mère, son numéro est sur liste rouge. Je lui ai dit que j'avais eu de tes nouvelles par Internet. Elle sera ravie de t'avoir en ligne.



Bonne journée.

J'espère que tout va bien pour toi.



Laurence




Et un mail de Laurence

Je suis content que Laurence me donne les coordonnées de sa mère. Edith bossait avec moi à Belleville et de nouveau tout ces souvenirs qui reviennent. Heureusement que je vais lui téléphoner car je vais pouvoir lui rappeler une promesse que je lui ai faite il y a maintenant environ vingt trois ans.

Elle m'a dit à l'époque que personne de sa famille, si elle venait à mourir, n'oserait lui amener des frites, alors qu'elle en raffolait, donc moi, bêtement, je lui ai promis de le faire. Mais je ne sais pas comment j'aurais fait étant donné que je n'avais plus de nouvelles et que je ne savais pas comment la retrouver. J'espère qu'une chose, c'est que le fait de l'appeler ne va pas m'obliger à lui amener ses frites rapidement.




Un mail d'Alain



Salut,



Il semblerait qu'on a eu les mêmes amis.

Etienne est a Nimes voisin de mes filles.

Didier s'est suicidé ça fait déjà un moment malheureusement et je n ai pas d'autres contacts.

Si, Michel, si ça te dis quelque chose

je leur passerai tes coordonnées au cas ou ils veulent en savoir plus sur toi .



j'espère te lire à nouveau



Alain.




C'est marrant parce que Alain n'était pas dans ma classe, mais sur la photo qu'il a mis sur le site, j'ai reconnu trois de mes très vieux copains, c'était en primaire.



Etienne était un bon pote de récréation.



Didier et Michel, c'est différent.



On allait ensemble dans les pharmacies quand j'avais huit ans acheter des tubes à essais et autres cornues, j'avais eu pour Noël une boîte de chimie 2000 et eux aussi était passionnés de chimie, je devrais plutôt dire passionnés d'expériences, plus que de chimie. Alors dès que c'était possible on faisait ensemble des expériences soit disant scientifiques, en clair, dès que mes parents étaient absents, on se réunissait à la maison et on faisait toutes sorte de tests, ça allait de la limonade maison (qui était bien meilleure que dans le commerce, puisque c'est nous qui la faisions), aux feux d'artifices qu'on trouvait magnifiques, sauf peut-être le dernier, qui à coûté une paire de rideaux à mes parents quand il ont pris feu.




Une autre fois, on revenait de la piscine et Didier nous dit qu'il doit faire une course.
On rentre dans un grand magasin et on se retrouve devant le rayon des bonbons. Très intéressé par le rayon, je perds de vue mes copains, quand d'un seul coup je les vois partir en courrant et sortir du magasin. Je ne sais pas pourquoi, je me mets à courir aussi pour sortir.


Mais là, une espèce de grand molosse en costume me choppe par le bras et m'embarque dans une petite salle dans les bureaux du magasin où je retrouve Michel et Didier. Le vigile nous demande de payer les bonbons. Comme nous n'avions pas un rond, ils nous ont emmenés au commissariat de police qui était juste à côté. On y est resté l'après-midi et le soir mon père est venu me chercher.


En rentrant à la maison, j'ai pris la fessée la plus injuste de ma vie. Et pour cause, je n'avais pas pris un seul bonbon.


Ça me peine de savoir que Didier s'est suicidé, il était super sympa, on se voyait très souvent et pour une raison simple, à ce moment là, j'étais fou amoureux de sa petite sœur Régine, que j'embrassais sur la bouche dans le noir quand on allait au ciné avec le patronage.

Je me demande si elle se souvient de moi et ce qu'elle est devenu, tout comme Michel d'ailleurs.


Un mail de Franck



Mais comment pourrais-je t'oublier mon cher !!!

Hahahahaha toi le prince du kung fu et de la boxe thaï réunis !!

Toi celui avec qui j'ai joué un peu de guitare et notamment l'intro de money for nothing de Dire Straits

(je ne suis pas sûr de l'orthographe)

et surtout toi à qui je dois pas mal de choses qui ont orienté ma vie professionnelle !!

que deviens-tu ????

où en es-tu ?

je te téléphone au plus vite ...



Franck


Effectivement, Franck un ancien collègue, quand j'étais responsable boutique d'accessoires, qui était devenu un ami.

C'est vrai qu'à l'époque ou je l'ai connu, je pratiquais pas mal d'arts martiaux.

Et quand on se retrouvait chez lui j'adorais essayer sa guitare.



Ça m'a fait très plaisir car une heure à peine après avoir lu son E-Mail, Franck me téléphonait et nous avons discuté de nous pendant plus de deux heures.

Il a fait un truc de fou, il a donné sa démission dans la boîte où on bossait et le soir même il a pris sa carte de France, fermé les yeux et mis son doigt au hasard sur la carte et ça fait maintenant plus de vingt ans qu'il est parti à Aurillac.




Puis un Mail de Christophe



comment va tu ?

ça me fait plaisir d'avoir de tes nouvelles depuis :)

Pour moi tous baigne je suis a PAU maintenant.

La vie est carrément mieux sauf avec notre ex patron commun.

Ils nous prennent pour des routiers



@+







Christophe, un ancien collègue. Quand j'étais à Roissy comme chef d'atelier, il était dans mon équipe, celle du matin. Lui aussi à quitté la région parisienne, pour une autre qualité de vie, par contre il bosse toujours pour la même boîte.


Puis de Véronique



Bonjour,

Marrant de se retrouver par ce canal.

Je suis contente d'avoir de vos nouvelles.

Au Boulot c'est toujours pareil.... J'ai demandé d'aller bosser outre mer pour 4 ans à partir de l'année prochaine, on verra bien si c'est accepté.



Bisous à tous et à bientôt.



Au plaisir.



Véro.





Véro est une amie qui venait manger de temps en temps avec nous à la maison quand j'étais sur Paris. On s'envoie régulièrement des nouvelles et des blagues par messagerie, mais on ne pensait ni l'un ni l'autre se retrouver par l'intermédiaire de ce site.



Puis Arnaud



Coucou !! :)

oui, oui, j'me souviens très bien de toi !! j'ai adopté une tonne cinq de tes p'tites blagues !! ça va faire super plaisir à Bobo, j'pense ;) .. Moi ça va, toujours chez notre ancien patron commun, mais j'vais peut-être me rapprocher de mon nouveau domicile, je vis maintenant à Torcy ..
En parlant de Bretagne, j'y vais une semaine par été, chez ma belle-mère, qui est dans la baie de St Brieuc, plus exactement à Etables/ mer . .
Je te donne l'adresse de Bobo
Bon courage à toi, à bientôt :)

Arnaud



Arnaud le frère de Baudouin dit Bobo, tous deux collègues de Roissy, il vivait à cinq kilomètre de chez moi quand j'étais dans l'Oise, on à fait quelques soirées ensemble, un mec super sympa. Je vais faire ce qu'il faut pour qu'il passe nous voir quand il va être en Bretagne. Et essayer de faire venir son frère aussi.




de Joëlle

bonjour



je vais bien, je vis heureuse, je suis mariée, j'ai deux enfants, Aurélie 21 ans et Fabien 19 ans, pas encore grand mère. Je ne travail pas.

es-tu heureux ?

portes toi bien ainsi que ta famille



amitié Joëlle



salut





Joëlle ! quand j'avais six ans mes parents qui commençaient le boulot de bonne heure, me déposaient chez les parents de Joëlle le matin en attendant qu'il soit l'heure d'aller à l'école, alors on jouait ensemble tout les matins. Puis on a grandi et nos routes se sont séparées, c'est marrant de la retrouver ici.
Puis un Mail de Christian



Bonjour,

Quelle surprise mais très bonne surprise, de recevoir des messages comme celui-là !
C'est bien moi le maréchal des logis dont tu parles (il y a bien longtemps qu'on ne m'avait pas donné ce grade).
Après l'armée, je suis rentré dans une usine à Montceau-les-Mines où j'y travaille toujours. Ca fait 30 ans !
Je suis marié, j'ai 2 grands enfants, un fils de 24 ans et une fille de 21 ans.
Maintenant, j'habite à Blanzy, à environ 12 km de Montchanin.
Tu vois, finalement je n'ai pas quitté la région.
Et toi, que deviens-tu ? Tu habites où ?
Sinon, je n'ai jamais eu de nouvelles d'autres personnes, mais tu viens de me remémorer pas mal de bons souvenirs !
Comment as-tu fait pour retrouver ma trace, ne faisant pas parti de ce site ?
Encore une fois, je te remercie de ton message qui me fait super plaisir !

J'attends à mon tour de tes nouvelles.




Christian.



Un pote de régiment, notre maréchal des logis, ça m'a fait plaisir de le retrouver. Bien qu'il dise ne pas être sur le site, c'est quand même là que je l'ai vu et en plus la photo qu'il à mis sur le site est actuelle et il a pas changé du tout, il a la même tête qu'à vingt ans. J'espère bien rester en contact avec lui.






Puis Alain



Salut

On était au collège ensemble.

Comment t'oublier, on était toujours fourrés ensemble.

Effectivement j'aurai pu te croiser des dizaines de fois sans te reconnaître

On s'appelle si ça te tente,



Alain, Fabienne, Valentin & Florian



Alain un copain de collège, j'ai vu ses photos et pareil il à pas changé, ça énerve un peu de voir que moi seul ai vieilli. J'ai eu très envie d'appeler Alain et j'ai hésité car après tant de temps je ne saurais pas trop quoi lui dire. Mais bon d'un autre côté il s'est donné la peine de m'écrire et puis c'est vrai qu'on a quelque bons souvenirs à se rappeler. Je vais répondre à son message et lui filer mon numéro de téléphone.


Quand j'arrive enfin au Mail de mon copain Bobo. Copain que j'ai pas vu depuis au moins sept ans.



J'ouvre et je lis :



Salut mon copain !!!!



Ca fait vraiment plaisir d'avoir de tes nouvelles, surtout que la dernière fois que je t'ai vu, j'ai vomi du 9ème étage de chez toi et je m'en souviens encore trop bien lol !!! :)



Alors pour les nouvelles : Jeanne (que tu connais) et moi (que tu connais aussi ! :D) sommes partis peu après notre dernière rencontre vivre 5 ans en Ecosse, où on s'est éclaté ! :)

(travailler pour des pakistanais ça change !)

Ensuite, faute de soleil, on est allé chercher une nouvelle destination pour aller s'installer :
Séville !!! En décembre, ça fera 2 ans que nous sommes ici, il fait beau presque tout l'année, et on vit en short !!! En plus...


on travaille de la maison, a faire des sites Internet et on a de plus en plus de clients ... donc tout va bien ;) coooooool quoi :) mais un peu trop de travail à mon goût (pas changé d'un poil le bobo)!

Sinon, on vient d'acheter une maison toute neuve (où tu es le bienvenu bien entendu !!!)et on avance petit à petit (et oui il suffit pas d'appuyer sur "enter" pour faire pousser des plantes )! Donc voilà pour les nouvelles (un peu rapides) !!!

J'espère que pour toi tout va bien, et que les gamins aussi !!! :)

lalaaaa !!! Super !!! Trop content d'avoir de tes nouvelles ;)

Au fait, t'es où en Bretagne??? on sait jamais, des fois qu'on ait trop chaud .... il se peut qu'on vienne y faire un tour en été !!!! :)



Comme dirait les gens ici : un besito y hasta pronto !!!
(un bisou & à bientôt)



Bobo.




Une fois l'émotion passée, je réponds à mon copain Bobo, avec en titre du mail de réponse…





Sujet : Maligorn Gouez, dit l'escargot sauvage .



Salut Bobo,



Aujourd'hui, nous vivons dans un petit pavillon, avec un petit jardin où gambadent papillons et sauterelles, on est bien dans notre petit jardin avec sa tonnelle où il fait bon prendre nos repas l'été, ou tout simplement un rafraîchissement, ce jardin où se trouve la mangeoire à oiseaux, qui viennent de plus en plus nombreux et qui au printemps commencent à s'approcher des nichoirs qui se trouvent eux même près de nos quatre petits bassins, dans lesquels vivent prospères nos poissons rouges, gardons, plantes et animaux aquatiques que sont ces araignées d'eau, escargots marins, moules d'étangs et autres mollusques gigotants qui suscitent tant de curiosité, aussi bien de la part de nos enfants que de nous même.
Voir même de notre petite chatte, fourmi, qui n'a pas assez de ses deux magnifiques yeux verts pour voir toute cette nature en fête autour de nous.


Dans le prunier, j'ai mis une grosse poutre à laquelle j'ai accroché une balançoire pour les enfants. Quelle joie de les entendre rire et jouer dans le jardin, se balancer, ou jouer au ballon, et même de les voir se chamailler sachant d'où l'on vient.

C'est amusant de les voir vouloir m'aider à faire du jardinage, repiquer les fleurs, déplacer un arbuste ou ramasser l'herbe fraîchement coupé du gazon.

Mais comme tout les gamins, le courage fini par manquer, et je finis seul cette belle partie de jardinage !

Nous avons la chance d'avoir un grand sous-sol qui me sert en grande partie d'atelier, et de ce fait, les gosses ont aussi envie de m'aider à bricoler.

Mais le courage infantile doit être réparti en égale partie entre jardinage et bricolage.

Alors c'est donc seul, mais pour leur plus grand plaisir, que j'ai fait une girouette en forme d'avion biplan, faite avec des cageots récupérés au marché.


Une fois peinte en rouge et bleu, fixée sur un mat accroché a deux mètres au fil à linge, elle a fière allure notre girouette, l'hélice tournée au vent.

Eh oui, nous sommes installés dans une de ces charmantes petites villes de province où il fait bon vivre, où dame nature nous courtise et même parfois nous séduit.

Elle nous séduit quand l'été, le jour se lève avec ce ciel noir bleuté, qui en très peu de temps devient marbré de bleu foncé, teinté de violet, de rose et d'orange vif, puis qui en quelques secondes s'éclaircit et devient bleu ciel avec cet énorme soleil rouge, qui monte lentement de derrière les collines en face de chez nous.

La nature nous séduit lorsqu'on se promène en forêt, sous les pinèdes, que le sol est jonché d'épines de pins odorantes, que la bruyère pousse en magnifiques touffes violacées sur un tapis de mousse vert pomme, la faisant ressortir du sol , plus belle que jamais. Que par-ci, par-là on peut voir les fausses girolles, ce joli champignon orange, des cèpes, ou ces superbes champignons violets et bien sur, les amanites tue-mouches bien rouges tacheté de blanc, toutes aussi vénéneuses que jolies.
Séduit par cette même nature, quand on se promène au bord du canal au levé du jour et que la cascade de l'écluse fait des bruyants bouillonnements, en laissant s'échapper la brume qui remonte de l'eau, en faisant une nappe qui flotte un mètre au dessus du canal.

Oui, ici il fait bon vivre, on est bien car même les personnes qui nous entourent, font en sorte que la vie soit agréable, ou du moins un petit peu moins difficile qu'auparavant.

Alors essayons de partager ce bonheur, et donnons un peu de bien être autour de nous. Et comme nous le disons sans cesse à nos amis, venez nous voir, vous verrez, on est bien chez nous.



On s'est installés au centre de cette jolie Bretagne, en Cornouaille, au cœur du Finistère, là où jadis (du temps de ces fameux irréductibles Gaulois) vivaient les Osismes, dans la bonne ville de Vorgium (pour les Romains), en clair et pour être plus précis, nous nous sommes installés à Carhaix-Plouguer.


"Eh Vouiii mon bon monsieur ! Nous sommes en Bretagne ! "

Hé oui !

Oui, j'aime les escargots! Et alors !

Mais pas n'importe quel escargot, pas la bête à cornes qui peut vivre un peu partout, et je sais de quoi je parle quand je dis bête à cornes, chez nous des bêtes y en a, des cornes aussi, mais ça c'est une autre histoire, j'en parlerais pas. je parle de l'escargot, le vrai, pas celui de Bourgogne, j'ai rien contre l'escargot de bourgogne, mais dans cette région il fait doux dès le printemps et il pleut pas comme par chez nous. Je ne parle pas des escargots que l'on trouve un peu partout en France dès qu'il pleut un peu, non!

L'escargot de Bretagne !

J'aime les escargots de Bretagne. Les escargots bretons, ceux qui savent vivre dangereusement, défiant les intempéries, même si par chez nous, il y a rarement d'intempéries, on a bien un peu de pluie de temps en temps, mais bon, il en faut vous savez !


J'aime l'escargot qui a la corne bien dressée sur la tête et qui tient la tête haute, qui est fier d'être escargot et Breton de surcroît, celui qui à l'air vif, qui reste en plein vent, sous les pluies diluviennes, que ce soit dans la vallée, dans nos plaines ou au cœur de nos fabuleuses forêts celtes, celles qui nous entourent, forêts qui ont su nourrir tous ces contes et légendes.

Ces fameuses forêts où les Elfes rôdent.

Précision au sujet des Elfes:

Oui ! vers chez nous ce sont des Elfes, avec la crise, on a plus d'Antar, ni Shell, alors total, on va chez Leclrec car Esso vient de fermer.

Mouuuuaaarrffff.

Donc ces fameuses forêts où les Elfes rôdent dans une épaisse nuit sinistre et noire, où l'on entend ululer les hiboux et autres chouettes où les brouillards denses qui déferlent en grosses nappes, nuit et brouillards associés pour dissimuler tout ces pièges que sont les branches accumulées au sol par les vents, qui sifflent dans la cime des arbres craquants,


ces arbres ressemblants a une multitude de fantômes dans la nuit, les bras tendus vers un ciel où crépite le tonnerre et où les éclairs illuminent cette effrayante forêt, et qui vous rappellent que vous êtes à peine plus gros qu'un escargot breton qui se promènerait sous cette pluie battante qui vous glace le sang jusqu'aux os.

Notre fier escargot breton, sans peur qui se promènerait la tête haute bravant toutes intempéries, relevant la corne en Cornouaille, en forêt où les divinités gaéliques viennent hanter vos rêves les plus fous.

Précision :

« Je ne vous parle pas de la mienne de Gaëlle. Vous allez me dire que ça n'a rien a voir, mais il est vrai, que parfois, ma femme m'amuse!

Oui ! Gaëlle, ma femme, ma muse !

Oui, ma muse ! Le mot muse vient je crois, d'une vieille légende gaélique, qui sous entent que la muse fut la première à utiliser la muselière. Et ça, ça m'amuse ! »

« Mais ça reste à vérifier »


Oui, forêt où les divinités gaéliques, viennent hanter vos rêves les plus fous. D'ailleurs il n'est pas rare, vers cinq heures du matin, quand je me promène dans les rues humides de mon quartier humide, profitant de la douceur humide de la nuit humide, et que je reste, humide sous la pluie battante et froide, de croiser quelques vieux Bretons humides rentrants de boite humide, certainement très largement imbibés d'une légende gaélique, et qui donnent l'impression à leurs façon de se déplacer, car à ce niveau là, on ne peux plus dire marcher, ils donnent vraiment l'impression d'être complètement hantés ! et humides évidement.

J'aime l'escargot de Bretagne, cette Bretagne où les trolls de mon genre, viennent vous tirer par les pieds, les soirs ou vous êtes complètement hanté, humide et en tout cas, certainement plus étanche, que vous êtes un peu tombé dans le caniveau, qui déborde et commence à ressembler à un torrent, sous prétexte que quelques gouttes seraient tombées, à peine quelques centaines de litres, et alors !


Cela pourrait arriver, même en Bretagne. Et c'est bien évidemment à ce moment que le troll que je suis viens à son tour vous chercher des noises, quand pour une fois, vous avez bu, non pas pour être rond comme un bigorneau, mais juste assez pour avoir mal au crâne le lendemain. En parlant de crâne, vous savez qu'il est possible que mes ancêtres buvaient dans celui des vôtres.

Et oui Monsieur! Mes ancêtres buvaient! Peut-être pour oublier !

Pour oublier les jours humides ou ils ne trouvaient pas d'escargots bretons.



Au fait, non et heureusement, ici il n'y a pas de trolls, mais on a des bus, oui Môssieur !!

Je dis heureusement, car on aurait l'air fin si on avait les deux, trolls et bus( trolleybus). Mooooaaaarrrfff.

Mais n'allez surtout pas croire qu'il pleut souvent chez nous, d'une part si il pleuvait souvent ça se saurait et en plus les gens le diraient. Ils diraient : « oui euh ! en Bretagne il pleut tout le temps ! »


Et ça, vous ne pouvez tout de même pas dire que c'est un truc qu'on entend souvent. En tout cas on entend pas ça par chez nous ! Et en plus, l'endroit le plus réputé pour les escargots, c'est la Bourgogne, peut-être qu'il pleut tout le temps en Bourgogne, vas savoir !

Bref ! On a peut-être pas beaucoup d'escargots à Carhaix-Plouguer, mais on a des femmes superbes. Oui ! c'est ici, à Carhaix-Plouguer où les femmes résident !

Précision :

" Oui, nous, ici on dit réside pour une femme, et on ne dit pas une femme habite" Mmmmmooouuaaarrrff !

Donc ici à Carhaix la femme est une Carhaisienne et non pas une Caresseuse (Ce qui n'a rien à voir et je crois que je me suis encore fais avoir en amenant la mienne).


Bon! Tu ferais peut-être mieux d'aller aux champignons, m'a dit un escargot Breton, qu'avait croisé un troll bien imbibé qui sortait de boite ou de la forêt gaélique un jour de pluie.



Certains contes Celtes disent que des champignons, il y en a beaucoup par ici, il y en a de bons, mais aussi des vénéneux. Mais ici comme ailleurs, il y en a qui paraissent bien, avec un air bien sympathique, ils peuvent être jolis, avec un beau chapeau, ils peuvent même sentir bon, on en rencontre ici comme partout ! Et pourtant, ils sont mauvais! Alors la légende dit que, en vous promenant dans la forêt, méfiez-vous !

Mais dans la rue soyez prudent, il y a peut-être plus de vénéneux qu'en forêt! Et n'oubliez jamais que le champignon le plus dangereux qui soit, n'est pas dans la forêt, il est dans votre voiture, c'est la pédale de droite.

A moins que j'aille à la pêche pendant qu'il pleut et qu'il fait encore un peu froid.


La pêche serait réservée aux vantards disent certains. C'est un escargot Breton qui me l'a dit , quand on s'est croisés, il rentrait d'une virée qu'il a fait avec un bigorneau qui s'était fâché avec un bulot. Mais ça c'est encore une autre histoire que je vous raconterais peut-être.



Bah ! moi, je dis que c'est faux! Il n'y a pas de pêcheur vantard, même si je ne suis jamais revenu bredouille. Vous ne me croyez pas ? Mais quand je pars à la pêche, je pars avec mes illusions, en espérant faire des pêches miraculeuses, et quand je rentre de la pêche, n'ayant pas de poisson, mes illusions sont détruites.

«Mes illusion sont des truites ! ! ! Mmmmooouuaaarff »


Heureusement, nous on à les escargots, Hé oui ! Les escargots de Bretagne !


vous savez :

« Oui, j'aime les escargots! Et alors !

Mais pas n'importe quel escargot, pas la bête à cornes qui peut vivre un peu partout, et je sais de quoi je parle quand je dis bête à cornes, chez nous des bêtes y en a, des cornes aussi, mais ça c'est une autre histoire, etc …. »

Bon en clair mon copain, il faudra venir nous faire un petit coucou (roucou, la paloma adieu …)

dès que possible. Voire même avant !

Ça nous ferait très plaisir de te voir.

Fais la bise à ceux que je connais, et même si ça prend du temps, sers la main aux autres! Mmmmooouuuarrrff

Portes-toi Bien et sois heureux !

@ très bientôt j'espère ! !


J'espère bien sûr revoir rapidement toutes ces personnes, qui sont une partie de ma vie et que je n'oublierai jamais.








  uand à Bigorno, il va falloir que je retourne dans cette taverne irlandaise, pour savoir ce qu'il devient, mais aussi pour qu'il me dise où il croit que l'on s'est déjà vu. Qu'il me dise si il en a envie, comment et pourquoi il est arrivé ici.



Peut-être que je lui raconterai mes amours, mes tristesses mes meilleurs et mes pires moments et le reste de ma vie. Qu'on en sache chacun, un peu plus sur l'autre et qui sait, peut-être devenir amis et tout simplement boire une bière ensemble et ne rien se dire.







  é toi !
Si un jour tu crois que nos chemins se sont croisés, ou que tu penses qu'un de tes proches m'a connu, soit comme moi, qui toute ma vie aura essayé de suivre cette devise :

"Je résiste à tout, sauf à la tentation"

Alors ! N'hésites surtout pas à me joindre, n'attends pas qu'il soit trop tard !

Sachant qu'il n'y à rien de plus dangereux dans la vie que de mourir, ce serait trop bête d'attendre pour nous poser les bonnes questions ! et que la faucheuse passe avant toi !



Mouuuuaaarrffff !








in...










Bildebile dit Maligorn Gouez



Par maligorn gouez - Publié dans : Maligorn Gouez - Communauté : Nouveaux écrivains bretons
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